‹ Chansons nouvellesChapitre 69 sur 80 · MA PALINODIE · texte numérisé non relu

MA PALINODIE

Air : Coatentons-nous J'une simple bouteille.

Je l'avoùrai, dans ma folle jeunesse,

J'ai trop goûte les leçons de Satan;

Mais tôt ou tard il faut qu'on se confesse,

Je ne veux point mourir impénitent.

Ah! si jamais ma musette hardie

A du pouvoir allumé le courroux;

Ayez égard à ma palinodie;

Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!

Enfant perdu de la philosophie.

Par maint brocard j'assaillis tour à tour

Et nos dévots à la panse bouffie,

Et nos Solon votant l'ordre du jour.

Mais quand ma main frappait à l'éf ourdie.

D'un noir cachot j'entrevis les verroux.

Ayez égard à ma palinodie ;

Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!

Pour vous servir, amis, que faut-il faire? Mon encensoir pour long-temps est rempli. Dois-je d'abord, adroit thuriféraire.

Aller frapper au palais Rivoli?

Ouvrez, ouvrez, j'encense un fier génie. Dont Law lui-même aurait été jaloux.

Ayez égard à ma palinodie; Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous î

Mais courons vite au lever de Corbière!

Cet érudit, ce Lycurgue chrétien

D'un nouveau code ordonne la matière

Avec Franchet et Mahmoud l'algérien.

Législateurs de Grèce et d'Italie,

Un bas-Breton va vous détrôner tous.

Ayez égard à ma palinodie;

Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!

Je te salue, ô magistrat fidèle.

Qu'ont regretté les belles de Bordeaux :

C'est en prenant d'Aguesseau pour modèle.

Que de Thémis ta main conquit les sceaux.

Par tes vertus la simarre ennoblie

De ta jaquette a recouvert les trous.

Ayez égard à ma palinodie;

Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!

Montrouge, au loin j'aperçois ta colline,

Mais si par moi tes murs furent honnis,

A leur aspect aujourd'hui je m'incline,

Grave mon nom sur tes livres bénis.

En bon chrétien désormais je dédie

Tous mes refrains à l'abbé Frayssinous.

Ayez égard à ma palinodie;

Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!

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