MA PALINODIE
Air : Coatentons-nous J'une simple bouteille.
Je l'avoùrai, dans ma folle jeunesse,
J'ai trop goûte les leçons de Satan;
Mais tôt ou tard il faut qu'on se confesse,
Je ne veux point mourir impénitent.
Ah! si jamais ma musette hardie
A du pouvoir allumé le courroux;
Ayez égard à ma palinodie;
Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!
Enfant perdu de la philosophie.
Par maint brocard j'assaillis tour à tour
Et nos dévots à la panse bouffie,
Et nos Solon votant l'ordre du jour.
Mais quand ma main frappait à l'éf ourdie.
D'un noir cachot j'entrevis les verroux.
Ayez égard à ma palinodie ;
Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!
Pour vous servir, amis, que faut-il faire? Mon encensoir pour long-temps est rempli. Dois-je d'abord, adroit thuriféraire.
Aller frapper au palais Rivoli?
Ouvrez, ouvrez, j'encense un fier génie. Dont Law lui-même aurait été jaloux.
Ayez égard à ma palinodie; Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous î
Mais courons vite au lever de Corbière!
Cet érudit, ce Lycurgue chrétien
D'un nouveau code ordonne la matière
Avec Franchet et Mahmoud l'algérien.
Législateurs de Grèce et d'Italie,
Un bas-Breton va vous détrôner tous.
Ayez égard à ma palinodie;
Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!
Je te salue, ô magistrat fidèle.
Qu'ont regretté les belles de Bordeaux :
C'est en prenant d'Aguesseau pour modèle.
Que de Thémis ta main conquit les sceaux.
Par tes vertus la simarre ennoblie
De ta jaquette a recouvert les trous.
Ayez égard à ma palinodie;
Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!
Montrouge, au loin j'aperçois ta colline,
Mais si par moi tes murs furent honnis,
A leur aspect aujourd'hui je m'incline,
Grave mon nom sur tes livres bénis.
En bon chrétien désormais je dédie
Tous mes refrains à l'abbé Frayssinous.
Ayez égard à ma palinodie;
Messieurs du ventre, allons, embrassons-nous!
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