‹ Chansons nouvellesChapitre 72 sur 80 · LE PASTEUR DU HAMEAU · texte numérisé non relu

LE PASTEUR DU HAMEAU

Air : O Mont-Sainl-Jean, etc.

Le deuil habite nos chaumières , Il n'est plus, ce prêtre sans fiel, Qui sur nos champs par ses prières Attirait les faveurs du ciel; C'était le pasteur du village.

Il nous avait vus naître tous , Et nos fils, oubliant son âge, Jouaient encor sur ses genoux?

Il secourait le pauvre en sa détresse ;

Quoique bien vieux, il aimait la jeunesse: Bons villageois, sur son tombeau

Venez pleurer le pasteur du hameau.

Il préférait la simple bure

A l'éclat de riches habits;

Jamais il n'eut d'autre parure

Que la toison de nos brebis.

S'il prêchait, sa douce morale

N'annonçait point un Dieu vengeur;

Et toujours sa table frugale

Était ouverte au voyageur.

Il secourait le pauvre en sa détresse; Quoique bien vieux, il aimait la jeunesse:

( 2o3 ) Bons villageois, sur son tombeau Venez pleurer le pasteur du hameau.

Nos enfans, qu'il savait instruire,

L' écoutaient sans le trouver long;

Car il leur appienait à lire

Dans les œuvres de Fenelon.

Toujours, avant la fin du prône,

Il redisait à son bercail :

Afin de vous passer d'aumône.

Mes enfans, aimez le travail.

Il secourait le pauvre en sa détresse; Quoique bien vieux, il aimait la jeunesse :

Bons villageois, sur son tombeau

Venez pleurer le pasteur du hameau.

Ainsi qu'une autre Providence, Dans nos maux il nous assistait :

Nous le trouvions même à la danse Que le dimanche il permettait.

Mais comme il savait toutes choses, Jamais dans le hameau natal, I/amour ne jirofana les roses Qu'attendait le lit nuptial.

Il secourait le pauvre en sa détresse;

Quoique bien vieux, il aimait la jeunesse : Bons villageois, sur son tombeau

Venez pleurer le pasteur du hameau.

Tranquille dans les jours d'alarmes , Il ne quitta point son troupeau , Alors que la patriô|pn larmes Levait drapeau contre drapeau.

Grâce à lui, jamais la vengeance Ne vint empoisonner nos cœurs :

Il ne priait que pour la France, Les moissons et la vigne en fleurs.

Il secourait le pauvre en sa détresse;

Quoique bien vieux, il aimait la jeunesse : Bons villageois, sur son tombeau

Venez pleurer le pasteur du hameau.

Sa vie a coule comme l'onde Qui dans ses paisibles détours Purifie, abreuve et féconde Jusqu'au terme où finit son cours.

Allons au temple du village Prier Dieu que son successeur Recueille avec son héritage Sa tolérance et sa douceur.

Il secourait le pauvre en sa détresse;

Quoique bien vieux, il aimait la jeunesse; Bons villageois, sur son tombeau

Venez pleurer le pasteur du hameau.

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