LES ENFANS DE LA PATRIE
AlK : Te souvieus-tu , etc.
Quoi ! vous fuyez les plaisirs de votre âge ! Un deuil précoce obicurcit votre front.
Jeunes rameaux, inclinés par l'orage, Relevez-vous; nos mains vous soutiendront. Séchez vos pleurs, la France vous en prie; Mais, toujours 6ers du nom que vous portez, Souvenez-vous, enfans, que la patrie ) Sur un tombeau vous a tous adoptés. )
Souvenez-vous de la sombre journée Où tout un peuple escortait le cercueil Qui traversa Lutéce consternée, Et que nos fils portaient avec orgueil. En vous voyant, d'une voix attendrie, Les citoyens murmuraient attristés :
Souvenez-vous, enfans, que la patrie Sur un tombeau vous a tous adoptés.
Conservez bien ce sabre des batailles Qui porte écrit : Jemmape et Waterlo, Pour accomplir de tristes représailles Jamais ce fer ne sortit du fourreau.
(Ins.)
Il était pur comme toute sa vie, Et si jamais il brille à vos côtés :
Souvenez-vous, enfansj^que la patrie Sur un tombeau vous a tous adoptés.
Nobles enfans, désormais la tribune N'entendra plus cette éloquente voix Qui consolait la gloire et l'infortune Et foudroyait l'ennemi de nos droits.
De ses leçons que votre âme nourrie Nous rende un jour ses accens redoutés ! Souvenez-vous, enfans, que la patrie Sur un tombeau vous a tous adoptés.
Mais il revit, grâce à la France entière; Sous le ciseau le marbre a respiré :
Oui, voilà bien son attitude fiére.
Son œil sublime et son front inspire.
Rappelez-nous cette image chérie, En grandissant avec nos libertés :
Souvenez vous, enfans, que la patrie Sur un tombeau vous a tous adoptés.
Pleurez, enfans, le plus tendre des pères Ne viendra plus se mêler à vos jeux.
Par vous ses jours auraient été prospères; Votre gaité le rendait si joyeux!
Mais il vous reste une autre Cornélie, Par qui ces mots vous seront répétés : Souvenez-vous, enfans, que la patrie Sur un tombeau vous a tous adoptés.
WVVVWVVVVVVVVVVVV'VVWVXA/VV'VVWWWVX/VVVVVVWVVVV