Chansons nouvelles
Allez , enfans , nés sous un autre règne j Sous celui-ci, quittez le coin du feu.
Adieu! partez, bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.
On m'a crié : L'occasion est bonne , Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfans; mais n'éveillez personne:
Mon médecin m'ordonne le repos.
Pour vos aînés que de pas et d'alarmes ! J'ai vu Thémis m'ôter mon plus doux bien ;
Car, en prison , le sommeil est sans charmes Près du malheur on ne dort jamais bien. J'entends encor le verrou qui résonne , Et dans ma main fait trembler mes pipeaux. Allez , eufans -, mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Si Ton disait : La gaité vous délaisse , Vous répondrez (Et pour moi j'en rougis ) : « De notre père accusant la faiblesse , » Les plus joyeux sont restés au logis. » Ces égrillards iraient , d'humeur bouffonne , Pincer au lit le diable et ses suppôts. Allez , enfans -, mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Vous passerez près d'une ruche pleine D'abeilles , non j mais de guêpes , je erois.
( 7 ) Ne souillez mol ; retenez volie haleine. Tremblez , enfans , vous qui jurez parfois ! Le dard caché , qu'à ces guêpes Dieu donne , A fait périr des bergers , des troupeaux. Allez, enfans j mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Petits Poucels de la littérature, S'il vient un Ogre, évitez bien sa dent ; Ou , s'il s'endort , dérobez sa chaussure : De s'en sei^vir on peut juger prudent.
Non : Qu'ai-je dit? Ah ! la peur déraisonne, Tous les partis rapprochent leurs drapeaux; Allez , enfans -, mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
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