‹ Chansons nouvellesChapitre 21 sur 53 · LES SCIENCES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES

Air :

J^atiglÉ des clartés confuses Qui m'ont égaré bien souvent, J allais bannir amours et muses ; J'allais vouloir être savant.

Mais quoi ! pour une âme incertaine, La science est d'un vain secours.

Gardons Lisette et La Fontaine ; Muses, i-estez ; restez, amours.

La natjure était mon Armide; Dans ses jardins j'errais surj^ris.

Mais un. chimiste moins timide , Règne en vainqueur sur leurs débris.

Dans son fourneau rien qu'il ne jette Des gaz il poursuit le concours.

Ma fée y perdrait sa baguette ; Muses, restez, l'estez, amours.

J'ai regret aux contes de vieille , Quand un docteur dit qu'à sa voix Les morts lui viennent à l'oreille De la vie expliquer les lois. De la lampe il voit la matière , Les ressorts , le fond , les contours ; Je n'en veux voir que la lumière.

Muses, restez; restez, amours.

Enfin aux calculs qu'on entasse Si les cienx n'obéissaient pas :

Plus d une erreur passe et repasse Entre les branches d un compas.

Un siècle a changé la physique ; IVos temps sont féconds en retours.

Je crains que le soleil n abdique , Muses, rester, restez, amours

Enivrons-nous de poésie , Nos cœurs n'en aimeront que mieux.

Elle est un reste d'ambroisie, Qu'aux mortels ont laissé les dieux.

Quel est sur moi le froid qui tombe?

C'est le froid du soir de mes jours.

Promettez un rêve à ma tombe , Muses, restez 5 restez, amours.

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