‹ Chansons nouvellesChapitre 20 sur 53 · LE TAILLEUR ET LA FÉE · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR ET LA FÉE

CHAXSON CIA.TÉE A MES AMIS, r.E .-OUR A..,VEnSAIRE BE MA NAISSANCE , ig AOUT 1822.

Air D'Ageline (de Wilhem.)

D.\}is ce Paris plein d'or et de misùre , En l'an du Christ mil sept cent quatre-vingt, Chez un tailleur, mon pauvre et vieux grand-père, iMoi, nouveau né, sachez ce qui m'advint. Rien ne prédit la gloire d'un Orphée A mon berceau , qui n'était pas de fleurs ; Mais mon grand-père, accourant à mes pleurs, Me trouve un jour dans les bras d'une fée. Et cette fée, avec de gais refrains , ]

Calmait le cri de mes premiers chagrins, j ^^"'^

Le bon vieillard lui dit, l'âme iuquièle : « A cet enfant quel destin est promis? » Elle répond : « Vois-le , sous ma baguette , » Garçon d'auberge , imprimeur et commis. » Un coup de foudre ajoute à mes présages * » Ton fils atteint va périr consumé ; » Dieu le regarde, et l'oiseau ranimé » Vole en cbantant braver d'autres orages. » Et puis la fée , avec de gais refrains , Calmait le cri de mes premiers chagrins.

« Tous les plaisirs, sylphes de la jeunesse ,

jj Éveilleront sa lyre au sein des nuits.

» Au toit du pauvre il répand l'allégresse ,

» A l'opulence il sauve des ennuis.

)) Mais quel spectacle attriste son langage ?

» Tout s'engloutit , et gloire et liberté.

» Comme un pêcheur ({ui rentre épouvanté,

» Il vient au port raconter leur naufrage. »

* L'aulour fut frappe de Ih fouiirc liiiis sa jcuiirjsp.

Et puis la fée , avec de gais refrains , Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Le vieux tailleur s écrie : « Eh quoi ! ma fille » Ne ma donné qu'un faiseur de chansons ! » Mieux jour et nuit vaudrait tenir l'aiguille , » Que faible écho mourir en de vains sons. » « Va,' dit la fée, k tort tvi t'en alarmes ; w De grands talens ont de moins beaux succès. » Ses chants légers seront chers aux Français )> Et du proscrit adouciront les larmes. » Et puis la fée, avec de gais refrains, Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Amis, hier, j'étais faible et morose ,

L'aimahle fée apparaît à mes yeux.

Ses doigts distraits effeuillaient une rose ;

Elle me dit : « Tu te vois déjà vieux.

» Tel qu'aux déserts par fois brille un mirage *,

* Les effets fantastiques du mirage tionipenl les yeux du voya-

» Aux cœurs vieillis s'oifre un doux souvenir.

» Pour te fêter tes amis vont s unir;

» Long-temps près d'eux revis dans un autre âge. «

Et puis la fée , avec ses gais refrains ,

Comme autrefois dissipa mes chagrins.

gour jusque dans Ips sables Ju dëserl. Il truil voir devant lui des forcis, des lats, des ruisseaux, etc.

• -f-^cj^

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