‹ Chansons nouvellesChapitre 25 sur 53 · L'ÉPÉE DE DAMOCLÈS · texte numérisé non relu

L'ÉPÉE DE DAMOCLÈS

Air : A soixaule aus, etc.

De Daraoclès l'épée est bien connue;

En songe , à table , il m'a semblé la voir.

Sous cette épée et menaçante et nue ,

Denis l'Ancien me forçait à m'asseoir (bis.)

Je m'écriais: que mon destin s'acbève,

La coupe en main , au doux bruit des concerts (b.)

O vieux Denis, je me ris de ton glaive ,*

Je bois, je chante et je siffle tes vers. (bis.)

Servez , disais-je à messieurs de la bouche : Yersez ! versez ' messieurs du gobelet.

' Denis l'ancien, tyran de Syracuse, était, comme on sait ,

un me'tromane déterminé : il envoyait aux carrières ceux qui ne

trouvaient pas ses vers bons. Quant à 1 liisloire du festin de Damo-

lès , elle est trop connue pour qu'il soit hesoinde la rapporter ici.

( «oSj

Maiheiir d'autrui n'est point ce qui te toucîic ,

Denis, sur moi, fais donc vite un couplet, {bis.)

Ton Apollon à nos larmes fait trêve:

II nous égaie au sein d'affreux revers. {bis )

O vieux Denis, je me ris de ton glaive,

Je bois, je chante , et je siffle tes vers. {bis.)

Piiisqu'à rimer sans remords tu t amuses,

De la patrie écoute un peu la voix :

Elle est, crois-moi, la première des muses,

Mais rarement elle inspire les rois. (^'^J

Du frêle arbuste où bout sa noble sève,

La moindre fleur parfume au loin les airs, {bis.)

O vieux Denis , je me ris de ton glaive.

Je bois, je chante , et je siffle tes vers. (^'f )

Tu crois du Pinde avoir conquis la gloire ,

Quand ses laurieis , de ta foudre encor chnuds.

Vont , à prix d or , te cacher à l'histoire ,

Ou balayer la fange des cachots. (^'•^■)

7>iais, à ton nom , Clio , qui se soulève,

Sur ton cercueil viendra peser nos fers, {bis.)

O vieux Denis , je me ris de ton glaive , Je bois , je chante , et je siflle tes vers.

{bis.)

Que du mépris la haine au moins me sauve,

Dit ce bon roi, qui rompt un fil léger ;

Le fer pesant tombe sur mon front chauve ,

J'entends ces mots : Denis sait se venger. {Itis.)

Me voilà mort; et, poursuivant mon rêve,

La coupe en main, je répète aux enfers :

O vieux Denis, je me ris de ton glaive ;

Je bois , je chante et je siffle les vers. {bis )

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