LA BONNE MAMAN
COUPLETS A U.NE DAME DE TRENTE ANS, QUE l'aUTEUR APPELAIT SA GRANd'mÈrE.
Air ; J étais bon cliasseur autrefois.
A- u dire du proverbe ancien ,
L'amitié ne remonte guère.
Bon petit- fils , je n'en crois rien ,
Quand je pense à vous , ma grand'mère :
Ces titres , quelquefois si doux,
Vous paraîtraient-ils insipides ?
Bonne maman , consolez-vous :
Vous n'avez point encor de rides.
Lage a-t-il éteint vos désirs?
BlAmez-vous les tendres chimères?
Ceusiiier les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mères.
Les ans font-ils neiger sur nous , A nos yeux tout se décolore.
Bonne maman, consolez-vous :
Vous ne blanchissez point encore.
L'amour a peur des grand'mamans, Mais à prix d'or, combien de vieilles Ont à leurs gages des amans , Dont les missives font merveilles !
On sait , pour lire un billet doux , Quel moyen prennent ces coquettes.
Bonne maman , consolez-vous :
Vous lisez encor sans lunettes.
Quoi ! sans ndes, sans cheveux blancs, Et sans lunettes à votre âge !
Voyons si vos genoux trcmblans Des ans u attestent pas loutjage.
( i'7 ) Oui, je vois ti'cnibler vos genoux, Que l'amour tendrement caresse, lîonne maman, coasolez-vous :
Prenez un bâton de vieillesse.