A C 0 R I N -NE DE L
Air : A soixante ans il ne faut pas.
J E veux , pour vous, prendre un ton moins fiivole
Corinne , il fut des anges révoltés.
Dieu sur leur front fait tomber sa parole ,
Et dans l'abîme ils sont précipités. [bis).
Doux, mais fragile, un seul, dans leur ruine ,
Contre ses maux garde un puissant secours ; [bis).
Il reste armé de sa lyre divine.
Ange aux yeux bleus, protégez-moi toujour
L'enfer mugit d'un eifroyable rire , Quand, dégoûté de l'orgueil des médians ,^ L'ange qui pleure en accordant sa lyre. Fait éclater ses remords et ses cbants.
Dieu il un regard l'arrache au gouffre immonde, Mais, ici-bas, veut qu'il charme nos joui's. La poésie enivrera le monde, Ange aux yeux bleus , protégez-moi toujours
Ters nous il vole en secouant ses ailes, Comme l'oiseau que l'orage a mouillé.
Soudain la terre entend des voix nouvelles, Maint peuple errant s arrête émerveillé. Tout culte alors n'étant que l'harmonie, Aux cioux jamais Dieu ne dit : Soyez sourds. 1. 'au tel s épure aux parfums du génie. .Ange aux yeux bleus, protégez-moi toujours
En vain l'enfer, des clameurs de l'envie, Poui'suit cet ange échappé de ses rangs ; De l'homme inculte il adoucit la vie, Et sous le dais montre au doigt les tyrans. Tandis qu'à tout sa voix prêtant des charmes, Coiul jusqu'au pôle éveiller les amours,
Dieu compte au ciel ce qu'il sèche de larmes. Ange aux yeux bleus, protégez-moi toujours.
Qui peut me dire où luit son auréole ?
De son exil Dieu 1 a-t-il rappelé?
Mais vous chantez , mais votre voix console ,
Corinne; en vous l'ange s'est dévoilé.
Votre printemps veut des fleurs étei-nelles,
Votre beauté de célestes atours ;
Pour un long vol vous déployez vos ailes;
Ange aux yeux bleus, protégez-moi toujours.
( >r>iî )