‹ Chansons nouvellesChapitre 41 sur 53 · LA VERTU DE LISETTE · texte numérisé non relu

LA VERTU DE LISETTE

fAiR : Je loge au quatrième e'iage,

() uoi ! de la vertu de Lisette Vous plaisantez , dames de cour ! Eh bien ! d'accord : elle est grisette. C'est de la noblesse en amour.

Le barreau , l'église et les armes , De ses yeux noirs font ti'ès-grand cas. Lise ne dit rien de vos charmes; De sa vertu ne parlons pas.

D'avoir fait de riches conquêtes L'osez-vous bien railler encor , Quand le peuple hébreu dans ses fêtes Vous voit adorer son veau d'or !

L'empire a , pour plus d'un service.

Long-temps soudoyé vos appas.

Lise est mal avec la police ; De sa vertu ne parlons pas.

Point de cendre si bien éteinte Qu'elle n'y retrouve du feu ; Un marquis , dont la vie est sainte , Veut à la cour la mettre en jeu.

Par eUe, illustrant son mérite , Sur les ducs il aura le pas.

Lisette sera favorite ; De sa vertu ne parlons pas.

Çà , mesdames les dénigrantes , ..

Si cet honneur vient la trouver, \ ous vous direz de ses parentes , Vous ferez cercle à son lever ; Mais dût son triomphe et ses suites De joie enfler tous les rabats, Se confessàt-elle aux jésuites ; De sa verlu ne parlons pas.

Croyez-moi , beautés monarchiques , Le mot vertu , dans vos caquets , Ressemble aux grands noms historiques Que devant vous crie un laquais. Les échasses de l'étiquette Guindent bien haut des cœurs bien bas; De la cour, Dieu garde Lisette !

De sa vertu ne parlons pas.

LE VOYAGEUR

Air : Plus on est de fous, plus on rit. (Sans la reprise finale).

LE VIEILLAKU.

Y o V A G E u R , dont l'âge intéresse , <^uel chagrin flétrit tes beaux jours ?

LE VOYAGEUR

Bon vieillard , plaignez ma jeunesse , En butte aux orages des cours.

LE VIEILLARD

Le sort est injuste sans doute , Mais n'est pas toujours rigoureux.

Dieu qui m'a placé sur ta route, Dieu t'offre un ami (bis); sois heureux.

LE V 0 Y' A G li U R .

]\Ies maux sont de trislcs exemples Du pouvoir des dieux d'ici-bas. Bientôt le crime aura des temples :

L'es palais il doit être las.

LE VIEILLARD

Prends mon bras, car un long voyayc Endolorit tes pieds poudreux.

Comme toi j'errais à ton âge.

Dieu t'offre un ami; (bis) sois heureux

LE VOVAGRUR.

Quand j invoquai dans la tempêlo Ce Dieu qu on dit si consolant, Les poignards levés sur ma tête Portaient gravé son nom sanglant.

LE VIEILLARD

Te voici dans mon hei'mitage, Yersons-nous d'un vin généreux.

( 17' ) Hélas ! mon fils aurait ton âge.

Dieu t'offre un ami; ( bis] sois heureux.

LE V 0 y A G E u r. .

Kon; il n'est point d être suprême Qui seul peuple limmensité.

Et cet univers n'est lui-même Qu'une grande inutilité.

LE VIEILLAUD.

Vois ma fdle , à qui ta détresse

Arrache un soupir douloui'eux ;

Elle a consolé ma vieillesse.

Dieu t'offre un ami; (èw) sois heureux.

LE VOYAGEUR

Dans cette nuit profonde et triste , Ce dieu vient-il guider nos pas ?

Eh! qu'importe enfin qu'il existe, Si pour lui nous n'existons pas.

( 172 ) LE VIEILLARD

Voici ta couche et ta demeure:

Chasse des rêves ténébreux.

Tiens-moi lieu du fils que je pleure.

Dieu t'offre un ami; {bis) sois heureux.

L'étranger reste; il plaît, il aime,

Et de fleurs bientôt couronné,

Époux et père , il va lui-même

Dire à plus d'un infortuné :

« Le sort est injuste , sans doute ,

Mais n'est pas toujours rigoureux.

Dieu qui m'a placé sur ta route ,

Dieu t'offre un ami ; (bis) sois heureux »

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