‹ Chansons parisiennesChapitre 11 sur 16 · LE NAIN DE LA BOUTEILLE · texte numérisé non relu

LE NAIN DE LA BOUTEILLE

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Je dis que le vin de C'orton Est fort : c'est un viu de géuie.

Il est aussi doux qu'un mouton n est plus joli qu'Eugénie !

Il a des couleurs de soleil, D'aurore et de soir mélangées. • Teinté de bleu, noir jet vermeil, Il a des clartés orangées.

Lorsquen buvant, je le fais rire Il me voit, et même on dirait Qu'il a quelque chose à me dire.

li m'amuse, il sait m égayer :

Alors je me conte des contes.

Des contes faits pour oublier Tous les mémoires et les comntes.

Je me chante de \ieuxnoëls :

Je me fais éclater de rire, Tous mes mots sont spirituels.

Je me plais à me les redire.

Je suis le vin, le vin c'est moi ; Jg me double de sa personne.

Il est tout puissant; j'ai la foi :

Je bois : jamais je ne raisonne.

Je me dis tout sans m' offenser; Je ne suis ni méchant ni bête. Le vin ne me fait pas lancer Les verres vides à ma tète.

Plus de poses, plus de façons !

Devant le vin, je suis moi-même.

Je prends Tembonpoint des chanson; Et la couleur du vin qui m'aime.

Dans le gros ventre vert et rond De la bouteille bourguignonue, Je vois un petit potiron :

C est l'abdomen d'une personne ,

D'un naiu dont le crâne poinlii Monte au ciel ; la bouche est énorme . II me regarde. — « Que veux-tu, Petit être gai, mais difforme? »

Par ses cheveux droits entrain^'^ Dans le goulot de la bouteille, Tout sallouge en lui, hors le né, Qui me paraît une merveille ;

Une merveille de santé, De couleur, d'ampleur et de joie.

Le naiu pour boire est tout porté ; Même je crains qu'il ne se noie."

Serait-il le dieu des gens gris /

Non, c'est le vin qui fait ma charge.

Le petit rit dès que je ris ;

C'est moi, mais la bouche est trop large.

C'est un grand peintre que le vin, Un poëte : — A force de boire , •Je veux, si ce n'est pas trop vain.

Comme lui. me couvrir de gloire :

Decfinlirc |s:iS.

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