UN ATELIER DE DEMOISELLES
Masiyiit 'le M. IkurUr.
( )ii voit toujours? trois jeunes tllU's, Des aiguilles au bout des doigts.
Des chansons au bout des aiguilles.
Coudre et chanter tout à la fois.
Puis quand Dieu fait un beau diraaiu-!u Elles laissent voler leurs chants
De branche en brandie :
Au grand soleil, en robe blanehc.
Elles vont courir dans les champs.
Un marronnier courbé par Tàgc.
Où l'amour a fait plus d\ui nid.
Oïlrit Tombre de son feuillage
A celui d"Elisa-Nini.
Aux oiseaux des beaux jours uièlé'".
Elle aima, comme eux, en plein air,
Sous la feuillée ; ( '-(jmme eux, elle s'est envolée Au premier frisson de l'hiver.
Quant à Jeanne, cest une bruije Qui n'aime pas à promener Ses amours au clair de la lune ; Un beau jour, après déjeuner.
Un peintre, avec sa cigarette.
Alluma rincendieau cœur
Delà pauvrette....
Il soufflait un vent d'amourette Dans la chambre de son vainqueur.
La Reine, c'est la Berrichonne; Vous la verrez, si vous voulez, A ma fenêtre, et sa couronne, Au printemps, fleurit dans les blé:
L'amour qui bat sous son corsage N'y fait pas le plus petit pli.
Car elle est sage
C'est encore un épais feuillage Qui fut un soir son ciel de lit.
Mai iSbl
AIflOUR D'ÉTÉ
Le vent du soir a des senteurs De syringas et d"aubépine ; Voilà que le printemps en lleuvs Gravit lestement la colline.
Il grimpe aux tilleuls, aux ormeau:
Il parcourt les bois et la plainp, Et lâche les petits oiseaux Au milieu de sa tiède haleine.
Il va, le suleil u la main.
Et le suspend sur la nature ; Tout ce qu'il trouve en son chemin Devient fleur, chanson ou verdure.
On sent dans Tair une fraîcheur Qui souffle doucement sur Vàme ; On a le printemps dans le cœur ; On a rameur, il faut la femme.
Voila pourquoi je devin< fou Do Bertlie — une aiic-ienne adorée.
Au mois de mai. je ne sais où.
Par une bleuâtre soirée.
IJerthe, c'est ma première miit :
Dcms le passé c'est une étoile :
— Je la vois encore aujourd'hui.
\>uand l'amour eût levé la toile....
Dans les plaines et dans les bois Nous promenions notre aventure.
Et notre amour, plus d'une fois.
A fait son lit dans la verdure.
Tant que les beaux jours ont dur»'.
Nous allions, tous deux, en cachette J)au3 les bois de Ville-d'Avray.
Elle a gi'andi notre amourette.
Le bon Dieu se mit du complot, Il nous fit un printemps superbe, .l'aimai ma belle au bord de l'eau Et je lïdolàtrai dans Therbe.
Pouvais-je ne pas l'adorer?
Je voyais toujours son visag-e.
Sa tète brune s'e"ocadrer Dans les clartés d'un paysage.
Devant le hleu de riiorizon.
Sur ï^a boiiclip rojide et sonore Ma bonche baisait la eliaiisoi»
Que le beau temjts faisait éclorc.
Les cig'ales chantaient aussi Dans l'or des épis de la plaine :
Et moi je buvais sans souci T. a volupté dans son baleine....
L"été maintenant est uni :
La campagne semble sa tombf :
La dernière feuille a jauni,
Et vr)i]à notre amonr qui tonilic
Le froid grifïe et mord mes carreaux Il voudrait entrer dans ma obambi'i — Assis derrière mes rideaux .
.Te reg'arde rager décembre.
Berthe, dit-on, aime un neveu D'Amérique,— amour (rbirondelle.
Et moi je fume au coin du feu Mon cigare — et je me rap]>elle....
C'est près du pont de Chatou QuoD verrait sans peine
('ouler ses jours jusquau bout Au gré de la Seine !
Là, dans la fraîcheur du soir.
Sur la berge vient s'asseoir
Madame Fontaine
0 gué î Madame Fontaine.
Nous revenions en bateau
D"une île prochaine , Le soleil brouillait dans Teau
Sa figure pleine...
Qu'il est chaud, qu'il est joyeux, Le rayon qua dans les yeux
Madame Fontaine
0 gué :
Madame B'ontaine,
Dans 1 onde les avirons.
Relevés à peine, Plongeaient en faisant des mud.
Et. de leur antienne, Accompagnaient la chanson Que chantait, en bon g^arçon.
0 gué!
Madame Fontaine.
On voyait pétiller Toi- Des blés dans la plaine :
Mais de grands saules au bor.l , Au bord de la Seine.
Formaient, penchés sur le joui*.
Une verte ombrelle pour
Madame Fontaine
0 gué!
Madame Fontaiiie.
La demoiselle, sur leau.
Changeante, incertaine.
Suivait, piquait le bateau :
L'eau verte et sereine Dans son limpide miroir Nous faisait doublement voir
^fadarae Fontaine
Ogué:
Madame Fontaine.
Les prés, It-s valions, les bois.
Déroulaient leur cliaiue :
La brise apportait parfois
Leur champêtre haleine :
Notre canot avançait Et doucement Ijalancuit
^[adameFoiit;iiiif
0 gué 1
Touffus, montant jusqu'aux eicux,
Bougival, Lucienne, Verdoyaient devant nos yeux :
Notre capitaine A dîner nous invitait...
Ce gentil patron, c'était
Madame Fontaine
0 gué '.
Madame Fontaine.
A Bougival, chez Souvent, (^u"il vous en souvienne !
Il faut qu on aille, et souveiit Il faut qu'on revienne '
<i)iril lïit de diners suivi
!,<■ (iiiier q-iiC nous servit
M;.(l:ime Fi.nt\iint'
() gué:
M:ifl:iriH' l-Vcit.-iiiK'.
Du soleil, de l'air, de Teaii !
Que Dieu me ramène Dans ce lumineux tableau
Dont ma vue est pleine !...
Je vois toujours, au milieu Des champs verts, sur un fond bleu
Ogué !
Madame Fontaine.