Ternir» do métier rie» ouvriers en soierie
L'Académie des sciences morales, qui envoie des membres étudier en France et à l'étranger la question des salaires, trouverait d'utiles renseignements dans la Chanson sur la révolte des canuts en 1788, qui voulaient avoir deux sous de plus par aune de façon. Avant la révolution de 1789, les canuts chantaient leurs misères, en 1830 ils se battaient; cependant dans une complainte de cette époque, entre 1830 et 1840, j'ai trouvé un couplet touchant :
Ah! songez dans cette salle
Où s'étale Le velours est le damas , Que celui qui le travaille
Sur la paille Périt dans un galetas.
Voilà une plainte touchante qui en dit plus dans sa naïveté que tous les travaux des économistes! En entrant dans ces pauvres chambres où sont installés les métiers, ce couplet me revenait sans cesse à la mémoire ; mais aujourd'hui la propreté est entrée dans le galetas, et l'ouvrier y a gagné un peu en bien-être, de même que l'instruction lui a enlevé ce patois canut, dont les vieillards seuls se souviennent.
Le compagnon lyonnais a de la finesse; je n'en veux pour preuve qu'une certaine chanson railleuse contre les Auvergnats, ses voisins, qui viennent exercer leurs mille industries dans Lyon. Ce sont des maçons en goguette, qui terminent chaque couplet par une sorte d'imitation de la musette :
Chct donc demain la dimanche Que nous chavons resoulu De nous mettre quatre ensemble Pour dispencher un escu.
Anus en fûmes à Villeurbanne 1 Chez le boulanger Fay, Celui qui a la renommaye De faire de cbi bon pain bis.
Ah hi hou ha! ah hi hou ha hia.
Bonjour, madame l'hochtcssc :
Voudriez-vous apporter l'ne bonn' soupe à la graisse Et <lu bon lard fricassé?
Surtout prenez-y bien garde , Nous espargnez pas le pain , Y en faudra pour nous quatre Cinquante livres le moins !
Ah lu hou lia! ah hi hou lia hia.
En entrant dedans la chambre , Noos aperçûmes passer Notre maislrc l'aschitcclc, Nous lui dismes de monster; Voyant tant de pain sur table, Il en parus eslonné , Mous lui dîmes que pour nous quatre Y en faudrait un' fournée !
Ah bi hou ba! ah hi hou ha hia.
Puis nous nous somm's mis i\ table Et nous nous somm's resgalés Autant qu'nous estions capables, Même à nous cstraugouillcr
1 Petit village à une demi-heure de l.yon. - Eufui*.
Et quoiqu'il eût la colique, Yostrc bon ami (iaspard Yous a chanté le cantique Du grand bon saint Lienard.
Ali hi hou Ira! ah hi hou lia hia.
Après avoir bu la goutte , Yous sont partis pour Lyon, Yous ons rencontrés eu route Trois chapeliers bons lurons.
Ils nous ont cherché dispute, Yous leurs avons répondus; Yous nous sommes mis en butte Et nous les avons battus.
Ah bi bon ha, ah bi hou lia hia.
Passant près d'oun corps de garde, Ont voulu nous arrester, Yous disant : Chers camarades, En prison il faut aller; Mais nous qu'avions fait ribotte , Et quvétinns des entêtés, Nous avons battu le poste Et nous nous somin's escannés Ah hi hou ha! ah hi hou lia hia.
Arrives à la Croix-Blanche, Il fallut nous séparer, Promettant que I austre dimanche Nous faudrait recommencher; Au revoir, chers camarades , Et surtout n'ouhlions pas Qu'il nous faut bien prendre garde De ne pas nous fouchtre en bas.
Ah hi hou ha! ah hi hou ha hia.
Ch WII'KI.Kl av.