J'AI PERDU MON AMANT
Deux sortes de rhythme nous sont familiers ; l'un appelé poétique^ qui se combine avec la mesure ; l'autre appelé prosaïque ou oratoire, qui n'est entravé par aucune mesure et qui est le rhythme propre du plain-chant. J'examinerai plus loin, avec le lecteur, le caractère particulier de ces deux espèces de rhythme. En attendant, que l'on veuille bien remarquer ici que le rhythme de la mélodie notée ci-après se refuse complètement aux exigences d'une mesure uniforme, et que quelquefois même il semble vouloir s'affranchir de toute mesure pour se rapprocher du rhythme oratoire.
J'ai recueilli cette chanson dans le comté de Maskinongé, et ne l'ai entendu chanter nulle part ailleurs.
J'ai souvent remarqué que les mélodies du peuple qui offrent le plus de contradictions avec les lois établies, sont d'ordinaire les moins universellement connues, surtout dans les villes. Elles semblent s'être retirées dans les basfonds populaires, si je puis m'exprimer ainsi, — là ou l'art moderne ne peut avoir que difficilemeat accès.
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J'ai per- du mou a- maat Et je m'en sou- ci*
guè- re; Le re- gret que j'en ai Se-
ra bien-tôt pas- - se. Je por- te- - rai le
deuil-le D'un ha-bit de sa- - tin ; Je ver- se-
rai des lar- mes de
▼in.
J'ai perdu nion amant Et je m'en souci' guère; Le regret que j'en ai Sera bientôt passé. Je porterai le deiiille D'un habit de satin :
Je verserai des larmes De vin.
Amant, que j't'ai donc fait Qui puiss' tant te déplaire T Est-c' que j'tai pas aimé Comm' tu l'as mérité?
Je t'ai aimé, je t'aime, Je t'aimerai toujours.
Pour toi mon cœur soupire Toujours.
La maison de chez noua C'dst un lien solitaire :
On n'y voit pas souvent Divertir ses amants.
DU CANADA IfT
Pour (les amants qu'on aimOy Qu'on aim' si tendrement, On aimerait les voire Souvent.
— Si j'étais Iiirondelle, Vers toi, bell' demoiselle, Par derrièi' ces rochers J'irais prendr' m i volée.
Sur votre main, la belle, J'irais me reposer, Pour racvonter la peiae Que j'ai.