‹ Chansons populaires du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 116 sur 165 · JACQUOT HUGUES · texte numérisé non relu

JACQUOT HUGUES

Jacquot Hugues n’est pas un être fictif ; il a bien réellement existé, et vécu de longues années dans le comté de Rimouski, où il est mort il y a une vingtaine d’années, sans laisser de postérité.

Il est bon de savoir que c’était un être bien original

que ce Jacquot Hugues. Ilétait grand de taille, et,

quoique français de naissance, on l’appelait le sau-

vage, à cause sans doute de son teint très-basané, mais aussi à cause de ses allures excentriques et de sa

coutume de porter des milasses, avec ornements en babiche.

Il lui arriva un jour de s'emparer d’une baleine. Après qu’il eut dépecée et qu’il en eut extrait l’huile et la graisse, ses voisins s’en vinrent chez lui pour se partager le résidu, les cretons, comme cela était d'usage ; mais voilà mon Jacquot Hugues qui ne veut pas donner mais bien vendre ses cretons, et qui se met en frais de peser sa marchandise avec une romaine. (en était bien assez pour se faire chanter ; néanmoins la verve des bardes de l’endroit se contint pour ie moment ; mais lorsque, à quelque temps de à, on entendit dire que Jacques Hugues, Le sauvage, le vendeux de cretons, faisait des démarches pour se

faire élire membre du parlement, toute digue fut

rompue, et les couplets que l’on va lire volèrent de

bouche en bouche, si bien que je les ai entendu

chanter à plus de cent lieues de l’endroit où ils furent composés.

Dans l’comté de Rimouski, A l'é-lec-tion nou-

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vel- le, Jac- “quot Hugs s'est pré- sen- té : [ne

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sen- tait la ba- - Jlei- nel a- vait pour

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ne, ro- mai- - nel

Dans l’comté de Rimouski,

A l'élection nouvelle,

Jacquot Hug’s s’est présenté :

Il sentait la balaine !

Il avait pour réconfort

Tous les crétons de son bord, Romaine, romaine, romaine 1...

Quand il était cantinicr,

Il vendait de l’eau forte ;

IL savait la baptiser

Sans demander main-forte :

C'ust P'tit Paul qui charriait l'eau, Madam’ rinçait le tonneau ...

A force, à force, à force!

I ne 5e souvenait plus

De ses mitass’ à franges ;

11 eut donné ses écus

Pour entrer dans la chambre,

C’est c'qu'on n'aurait jamais vu :

Un sauvage d’être élu !

Pear: noire, peau noire, peau noire |

En s’en revenant chez lui

1 faisait la grimace ;

Le r10nd’ s’est bien apperçu Qu'il avait le cœur flasque.

Ii dit qu’il en a vendu,

Mais à présent n’en vend plus.

Attrape, attrape, attrape !

Qu'en a composé la chanson, C’est un garçon de gloire ;

Ïl ne vous dit pas son nom !

Ca vous reste à savoire.

Il espèr’ que ses amis

Char ‘:-ront tous avec lui :

Romerie, sauvage, peau noire |

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