‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 122 sur 132 · A LA SANTE DE CES JEUNES MARIÉS · texte numérisé non relu

A LA SANTE DE CES JEUNES MARIÉS

Quel est l'homme ayant tant soit peu de monde qui oserait parler malheur, déception, tombeau, au milieu d’un repas de noces? Dans de telles circonstances, au contraire, chacun affecte une joie sans mélange, et ne parle que félicité suprême et bonheur sans fin. Et pour

tant la crainte est dans tous les cœurs. Ici bas:

6,.....jamais entière allégresse :

L'âme y soutfre de ses blaisirs, Les cris de joie ont leur tristesse, Et les voluptés leurs soupirs.

‘ La crainte est de toutes les fêtes ;

Jamais uu jour calme et serein

Du choc téuébreux des tempêtes ° N'a garanti le lendemain..."

Ce mystérieux ‘ lendemain,” on n'ose pas le regarder en face, on s'efforce de n'y pas songer. Plus courageux que nous, et, avouons-le aussi, la conscience plus tranquille, l’homme des champs ne craint pas d'en rappeler le souvenir, mème au milieu de ses fètes. Au lieu de se dorloter moilement dans là jouissance du présent, au lieu de s’écrier inutilement, comme Lamartine :

“Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seui jour ?”

293 CHANSONS POPÜLALRASS

il regarde l'avenir avec calme, tâche de mettre à profit l'expérience du passé, et se raffermit dans le sentier du devoir.

Les couplets que l’on va lire prouvent, une fois de plus, la vérité de cette assertion des frères Grimm: que les chansons du peuple ne savent jamais mentir.

17 — Rae rntmeos pra rs ee == Sur vo- tre bon- té Ah! je f— = —— ARRET SES he —— -—A—$S SE nn | 2 5 —— D nn tecese) Lane ngres ftp e moe Dane À Le ce Nos es me se. Puis- que vous vou- Re lez Tous. i- due jo- - se Z = is gige ss CUS EE He Vouschan- ter u- - ne chan- son, Dou- nez

Sar.votre bonté

Ah! je me repos.

Paisque vons voulez Tous:ici que j'ose :

Vous chanter une chanson, Donnez votre atteution.

Je ne parle pas Ici du breuvaze,

Ni de ce repas,

Mais dun marinze ;

Je ne pare maintenant Que de ces jeunes amants,

re à profit sentier du

is de plus,

ñ : que les Vous avez dit : oui, Mot très-agréable ; Mais il est aussi Souvent regrettable, Et jusque dans le tombeau Où se repeud de ce mot.

ee, me = — Ah! je k . :

ee. Messieurs, jusqu'ici, or ere Jusq'''à vos oreilles, — — . .

Ron Je puis bien parler “] 13 vou- De tous ceux et celles EE Qui se prennent sans s'aimer pou Et meur’it sans se regretter.

se dr rpm mi "Enr .

sn Vous, jeunes amants, Don- nez

Qui cherchez des belles, Veillez sagement, Soyez-leur fidèles, Car vous pourriez être enfin Accablés de grand chagrin.

Pour vous conserver Beaux jours -t bon rôle, Vous d’vez répéter

Souvent ces paroles :

Dieu veuille que je sois doux A cell’ dont je suis l’époux!

Tu nue dois aimer

Que ta chère femme,

Que Dieu t'a donnée

Pour fidè! compagne ;

Tu dois toujours éviter

Cell’ qui pourrait te charmer,

Vous vous êt’s aimés, Aimez-vous encore!

Vous serez charmés

De ievoir l'acvor’-e Réguer dans votre maison Avec la paix et l'union.

Jeun’ fenme, écoutez!

Vous ferez de même ;

De Dieu suppliez

La bonté suprême

Qu'il vous bénisse tous deux

Et vous donne des jours heureux.

Messieurs, c’est assez Sur le mariage; Daignez me verser

De ce doux breuvage :

Que je boive à la santé De ces jeunes mariés,

a ul!

DANS TOUS LES CANTONS (Paroles recueillies par M. J. À. Malouin)

L'auteur de ces couplets, après avoir énuméré les vis. cissitudes du inénage, nous apprend que lui en a été exempt, qu'il est tombé sur un bon “gibier.” Cela prouve deux choses: 1° que les femmes peuvent être bonnes quelquefois (elles Le sont même très-souvent) ; 29 que les poètes de tous les calibres ne peuvent que difficilement se taire sur leurs avantages.

Cette chanson, au reste, est, dans son genre, un petit chef-d'œuvre. La morale en est toute pratique: savoir bien choisir son * gibier.”

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j té. Les gar-çous vout les vair, Le plus sou-veut le

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mis; Ell'ssedis’nt eu son-riant: Le voi-I] mon a-

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nant !

296 CHANSONS POPULATARE:

Dans tous les cantons

Yu des Glls et des garçons Qui veul’it se marier,

C’est la pure vérité.

Les garçons vont les voir

Le plus souvent le soir ;

Les till’s se réjouissent Quaud ell’s voint leurs amis} Ells se dis’nt.en souriant:

Le voilà mon amant!

prenne

Jeunes fill’s, écoutez,

Qui voulez vous maricr :

Votre engagement

Vous causera du tourment,.

Vous prenez nn état

De pein’s et d’embarrais ; Bien souvent du chagrin, Sans en connaîtr” la fin, Qui vous fra regretter

La maison qu’vous quittez,

Etaut mariée,

Il faut tout abandoutinet, Tous les 1gréments | D'être avec les jennes gens.

Faut rester 4u 10.gis

Pour plaire à san mari ; Vous êtes mariée

Par votr prop’ velonté; Vous avez pris mari, C'est'pour lui obéir.

S'il est complaisant, : Vous aurez de l'agrément ; Mais s’il est jaloux, :

Vous uen aurez pas beaucoup.

Combien y en a-t-il De ces méchants maris, Que tout leur intérêt C’est d'aller an cabaret, Pour ÿ passer leur temps A boir’ tout leur argent!

Le:soir. arrivé, Ile revienu’nt. à leur logis Tout en truribons

Et meuant le carillon ; Disant d’un air lâché:

Doune-moi à souper !

Promyptement fais mon lit, Car j'ai besoin d'dormir! ” Comment pouvoir chérir Un si brutal mari?

Vous, à la maison, Ni pain, ni lard, ni poisson, N'ayaut pas le sou

Et souveut manquant de tout...

Et vos petits enfants

Qui vous diront: ‘“ Maman, Donuez-uous donc du pain,

Car nous mourous de faim ! ” Hélas, quel crève-cœur Vous f’ra verser des pleurs!

Mais comme cela Tous les horinies ne sont pas :

Cri tous ces défunts,

Pour un seul, ce serait trop!

Yen a, assurément,

Qui sont plns complaisants :

Ils aim’nt leurs compaguées Puisqu'ils les ont épousées,

Ils venbnt-lés Sonlager :

C'est pour 8e faire aimer,

Mais si les maris

Ne sout pas tous garantis,

C’est qu'il yeu à trop

De ces femim’s qu'ont des défauts. cse De ces humeurs marabouts,

Que rien n’est à leur goût ;

Quand on veut leur parler

Dans uu coiu s’en vout houder, Comment u’pas faire courroux

Avec un tel hibou ?

La semaine, au logis,

Ells ont l'air tout étourdies; Mal peignées, mal chaussées, Et souvent mal arrangées, Le dimanche arrivé,

Vous les voyez frisées,

Que tout's leurs qualités N'est qu’pour la vanité.

Ells n’out aucuu souci

Pour l’utfair” du logis.

Qu'en à composé la chanson C’est uu vieillard de ce canton Qui n’a pas regretté

Le jour qu'il s'est marié,

Il a pris un gibier

Qu'il a su conserver ;

Elle à des qualités

Qu'il n’a poiut publiées :

Que chacun fass’ comm’ moi, Qu'il chante ce qu’il sait !

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