‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 132 · EUR · texte numérisé non relu

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vin PRÉFACE

se chantent dans sa paroisse; et lorsque, le soir, après une chaude journée d'été, il reviendra se reposer de son travail, balancé par le mouvement de sa charette aux hautes ridelles, et mollement couché sur un moëllenx et odorant voyage de foin, on l'entendra murmurer d'une voix monotone mais douce, quelques uns de ces mots, de ces noms si chers qui rappellent l’ancienne mère-patrie ; ou bien, sur les cases où dans le canot, il chantera la belle Françoise où la complainte d’un maiheurenx voyageur noyé daus les rapides, ou encore le beau Kyrie que chantent à l'église ceux qui lui sont chers et qui sont restés dans la paroisse natale, sur Le bien paternel.

Un écrivain frangais qui s'est occupé de nos chants canadiens, écrivait naguère que souvent une chanson est un monument plus solide que les monuments de bronze ou de granit. On y rencontre parfois des couplets ou même un seul mot qui vous reportent à des siècles en arrière, comme, par exemple, la ronde ‘Il ny à qu'un seul Dieu,” traduction littérale d’une des séries chrétiennes substituées aux séries druidiques, et l'expression {a Guignolée, dont l’origine indubitable est le chant ou le cri dridique : au gui l'an neuf! Ge qui est certain, c’est que les chansons ont cette faculté, que n’ont pas les obélisques, d'aller s'asseoir au foyer de toutes les familles, de suivre le missionnaire ou le pionnier dans la forêt, de rappeler un événement à mille lieues de l'endroit où il s’est passé, et sur plusieurs points à la fois.

Les menbhirs, les dolmens et les cromlechs, que l’ôn rencontre à chaque pas dans certaines parties de la Bretagne, ne sont des monuments que pour les Bretons ou ceux qui

vont les voir en Bretagne, tandis que des chants qui ont

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