AH! SI MON MOINE VOULAIT DANSER
Le mot ‘“ moine” n'est guère connu dans son acception ordinaire par nos habitants de la campagne, qui ne donnent ce nom qu’au petit jouet de bois appelé en France: “toupie d'Allemagne. ”
Moine est aussi le nom d’un meuble de bois, inconnu dans ce pays, dans lequel on suspend un réchaud rempli de braise et dont on se sert pour bassiner le lit. Ge meuble est quelquefois formé d’un cylindre de bois, creusé et doublé en tôle, dans lequel on introduit un fer chaud.
Le proverbe: Faute d'un moine l'abbaye ne manque pas, veut dire que l'absence d’une personne attendue ne doit pas empêcher une partie de plaisir d'avoir lieu où une affaire de se conclure, On sait que cette autre proverbe : L'habit ne fait pas le moine, signifie qu'il ne faut pas juger des gens par l'apparence ; qu'un vêtement pauvre est souvent
porté par un homme de mérite.
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Danse, mon moin’, danse!
Tu n'entends pas la danse, Tu n’entends pas mon moulin, lon, la, AE Tu n’entends pas mon moulin marcher.
Ah! si mon moine voulait danser ! (bis) Un ceinturon je lui donnerais! (bis) | Danse, etc. €
Ah! si mon moine voulait danser! (bis) Un chapelet je lui donnerais. (bis) Danse, etc.
Ab! si mon moine voulait danser! (bis) ta Uu froc de bur’ je Ini donnerais. (bis) Danse, etc.
Ab! si mou moine voulait danser! (bis) Uu beau psautier je lui donnerais. (bis) Danse, ete.
S'il u’avait fait vœu de pauvreté! (bis) Bien d’autres chos’ je lui donnerais. (bis) Dause, mon moin’, danse !
Tu u’entends pas la danse, Tu n’entends pas mon moulin, lon, la, Tu n’entenuds pas mon moulin marcher.
en eu nn ee tue =
''u LE JUIF-ERRANT
= ‘Cette belle complainte du Juif-Errant se chante sur un mou-
air qui n’a pas la prétention d’en faire oublier les paroles, [ES mais qui, à la longue, et surtout lorsqu'on l'entend chanter par des gens du peuple, finit par toucher. (Cette triste mais belle allégorie est en grande partie oubliée aujourd’hui, même dans nos campagnes.
; RTS EEE TI NTI = ge a ns ES
Est - il rieu sur la ter-re Qui soit plus sur-pre-
nant Que la grau-de mi- sè- re Du pauvre Juif-Er-
Sam mn due
rant? Que sont sort imal- heu- reux Pa- raît triste et 1f-
Ne
cheux !
Est-il rien sur la terre Qui soit plus surprenant Que la grande misère is) Du pauvre Juit-Errant ?
Que son sort malheureux Paraît triste et fâcheux!
Un jour près de lu ville De Bruxell’s, en Bratsuit, Des bourgeois fort dociles L’accostèr” en passant :
Jamais ils n’avaint vu Un home si barbu !
Son habit, tout ilifforme
Et très-mal arrangé,
Leur fit croir” que cet homme Etait fort étranger ;
Fortant comme ouvrier, D’vant lui un tablier.
On lui dit: Bonjour maître, De grâce accordez-nous
La satisfaction d’être
Un moment avec vous ;
Ne nous refusez pas, Tardez un peu vos pas.
—Messieurs, je vous proteste Que j'ai bien du malheur:
Jamais je ne m’arrête
Ni ici, ni ailleurs ;
Par bean on mauvais temps Je marche incessamment,.
—Entrez dans cette auberge, Vénérable vieillard ;
D'un pot de bière fraîche Vous prendrez votre part; Nous vons régalerons
Le mieux que nous pourrons
—J’accepterais de baire Deux coups avecque vous, Mais je ne puis m'asseoire ? Je dois rester debout.
Je suis en vérité Confus de vos bontés.
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—Ah! de savoir votre âge Nous serions fort curi:ux ; À voir votre visage,
Vous paraissez bien vieux ; Vous avez bien cent ans, Vous montrez bien autant.
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—La vieillesse me gêne; J’ai bien dix-huit cents ans, Chose sûre et certaine,
Je passe ciicore douze ans:
J'avais douze ans passé Quand Jésus-Christ est né.
—N'êtes-vous point cet homme De qui l’on parle tant ?
Que l’Ecriture nomme
Icaes le Juit-Errant?
De grâce, dites-nous,
Si C’est sûrement vous.
—JIsaic Liquedemme
Pour nom me fut donné; Né à Jérusalemme,
Ville bien renommée,
Oui, c'est moi, mes enfants, Qui suis le Juif-Errant!
Juste ciel, que ma ronde Est pénible pour moi !
Je fais le tour du monde Pour la cinqnième fois!
Chacun meurt à son tour, Et moi je vis toujours !
Je traverse les merres, Les rivièr’s, les ruisseaux,
Les forêts, les déserres,
Les moutagn’s, les côteaux, Les plaines, les vallons :
Tous chemins me sont bons.
J'ai vu dedans l’Europe Ainsi que dans l'A“ ,
Des bataill’s et d + “hocques Qui coûtarut bien des vies:
Je les ai traversés
Sans y être blessé.
J'ai vu dans l'Amérique,
C'est une vérité,
Ainsi que daus l'Afrique
Grande mortalité :
La mort ne me peut rien, Je n'en aperçois bien.