‹ Chansons populaires du Canada, recueillies et publiées avec annotations, etcChapitre 119 sur 136 · FRANÇOIS MARCOTTE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS MARCOTTE

On a vu, dans les couplets qui précèdent, une mordante satire contre les petits moyens mis en jeu par un homme préoccupé de faire sa fortune rapidement. Voici une autre satire, non moins mordante, dont les garçons qui se vantent de faire tourner la tête à toutes les filles pourront tirer leur profit.

Cette chanson est tout à fait dans le génie canadien. François Marcotte, qui :

... s’en va promptement

Atteler sa jument

Chez son oncle Paul Abelle,

est bien un vrai type de faraud campagnard.

C’est une coutume commune aux poètes rustiques de la France et du Canada de se consacrer à eux-mêmes le dernier ou les derniers couplets de leurs chansons. Presque toutes nos chansons d’élections, de même que les complaintes composées à l’occasion d’un malheur arrivé à une famille ou à une paroisse, finissent par le couplet sacramentel :

Qu’en a composé la chanson, etc.

Qui a composé cette complainte, etc.

On doit d’autant plus volontiers pardonner cette petite faiblesse aux poètes populaiies que l’on est accoutumé à voir des poètes d’un ordre plus élevé parler d’eux-mêmes, se décrire, se vanter, se biographier d’un bout à l’autre de leurs œuvres.

L’air de cette chanson n’a rien d’original et n’est pas ©anadien. C’est, je crois, une ancienne mélodie anglaise.

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