AP
trée !
G’est François Marcotte Qui s’habille ben propre,
Pour aller en promenade ;
C’est à Deschambault,
Chez monsieur Boudrault :
C’est une fille qu’il lui faut.
— Bonjour madam’ Boudrault, — En faisant le faraud,
Faisant des politesses, —
Des civilités A la compagnée !
Marcotte fit un’belle entrée !
Quand il fut entré.
Il s’agit de parler
Des affair’s de conséquence :
De sa bien aimée Il s’est approché :
C’était pour la demander.
— Je suis bien pressé,
Je veux me marier,
Je crains de vous surprendre r Vous excuserez La brutalité
D’I’abord de mon arrivée.
— Vous êt’s tout excusé,
Vous pouvez continuer ;
Revenez plusieurs voyages :
Pour vous marier,
Il faut espérer (attendre)
Que mon pèr’ soit arrivé.
Marcotte s’est retiré,
Pensant bien qu’il l’aurait Dans un second voyage ;
Ne s’imaginant pas Qu’en faisant tout cela,
Eli’ voulait le planter là.
L’automne est revenu.
Boudrault ne revient plus,
Marcotte est d’un bord et d’I’autre C’est pour s’informer.
De tous les cotés,
Si Boudrault est arrivé.
S’en va à Deschambault,
Rencontr’ monsieur Boudrault Et fait sa connaissance :
— Veuillez bien m’excuser,
C’est pour vous demander Votre fille à marier.
— Parlez-moi, mon ami.
Tout vous est permis :
Vous avez tant d’avantages I Vou savez de l’esprit,
Sans dompter l’industrie :
Vous êt’s homme de génie.
Puis on m’a raconté Que vous vous vantiez Que vous auriez bien ma fille ; Pour vous récompenser,
Nous allons vous donner Une pell’ bien amanchée.
Revenons à Marcotte Il a pris sa capote ;
Il a l’air tout imbécile :
Son casque rabattu.
Il a l’air tout bourru :
Marcott’ ne se r’connaît plus.
Il s’en va promptement
Atteler sa jument
Chez son oncle Paul Abelle,
En disant : S âpre gai !
Je suis effarouché
De la pell’ qu’ils m’ont donnée !
L’auteur de la chanson,
C’est un grand garçon
Revenant d’un long voyage ;
Étant arrêté
Se fair’ faire à dîner
Chez des gens qu’il connaissait :
Étant après dîner,
Il entend raconter L’aventur’ de Marcotte ;
J’vous dis en vérité,
Qu’il aurait mérité
Wn’ chanson mieux composée.
Je vais vous le nommer :
G’est Hyacinth’ Denis,
Qui n’a plus d’avantages.
Il est exposé Au même danger Quand il va se promener.
Un jour passant par là,
Pensant à tout cela ,
Je chantais, en moi-même :
« Arriv’ra que pourra !
La pell’ nous servira Pour enterrer l’mardi gras ».