‹ Chansons populaires du Canada, recueillies et publiées avec annotations, etcChapitre 57 sur 136 · LA · texte numérisé non relu

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zell’ Ma - nan - - ne, A che-val sur son â - ne Ca-

^ f- fv

Ai

- s - - Lé -

tia, S’en al- lant au mou - lin.

Mariann’ s’en va-t-au moulin, (bis)

C’est pour y fair’ moudre son grain ; (bis) A cheval sur son âne.

Ma p’tit mamzell’ Marianne,

A cheval sur son âne Catin,

S’en allant au moulin.

Le meunier, qui la voit venir, (bis) S’empresse aussitôt de lui dire :

— Attachez-donc votre âne,

Ma p’tit mamzeH’ Marianne,

Attachez donc votre âne Catin,

Par derrièr’ le moulin.

Pendant que le moulin marchait, (bis)

Le loup tout à l’entour rôdait, (bis)

Le loup a mangé l’âne,

Ma p’tit mamzell’ Marianne,

Le loup a mangé l’âne Catin,

Par derrièr’ le moulin.

Mariann’ se mit à pleurer, (bis)

Cent écus d’or lui a donnés (bis)

Pour acheter un âne,

Ma p’tit mamzell’ Marianne,

Pour acheter un âne Catin,

En r’venant du moulin.

Son père qui la voit venir (bis)

Ne put s’empêcher de lui dire : (bis)

— - Qu’avez-vous fait d’ votre âne,

Ma p’tit mamzell’ Marianne.

Qu’avez-vous fait de votre âne Catin,

En allant au moulin ?

— C’est aujourd’hui la Saint-Michel, (bis) Que tous les ân’s changent de poil, (bis) J’vous ramèn’le même âne,

Ma p’tit mamzell’ Marianne,

J’ vous ramèn’ le même âne Catin,

Qui m’ porta au moulin.

TENAOUÏCHE TENAGA, OUICH’KA !

Si j’étais de la force de M. Ernest Renan, je découvrirais sans doute un sens profond dans les mots : Tenaouiche, tenaga, ouiclïka ! qui composent le refrain de ces couplets, et j’en tirerais des conséquences d’une belle perfidie entourée de miel, aux acclamations des badauds émer-

veillés de ma science profonde. Mais comme je suis loin d’être d’une pareille force, j’avouerai tout bonnement que je n’entends rien à ce baragouin.

Au reste, ces mots étranges ne sont, probablement, que de Y imitation de sauvage, comme savent en faire tous les jeunes enfants, et comme j’en ai entendu faire souvent moi-même par mes petits camarades, lorsque, imitant l’homme des bois dans son commerce avec les blancs, ils se vendaient gravement entre eux le fruit de leur dernière chasse : dix mille peaux de castors, cenls mille orignaux, cinq cent mille caribous, représentés par des jointées de noisettes, de bluets ou de cerises à grappes.

La deuxième version de cette chanson, que l’on verra plus loin, est à mon sens, très intéressante. Ge n’est rien autre chose qu’une variante canadienne de Malbrough. Le tenaouiche et les vieux sauvages sont placés là pour la couleur locale.

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C’é ■ tait un vieux sau

va

ge Tout noir, tout

TE

bar - bouil - la, Ouich’ - ka ! A - vec sa vieill’ cou - ver¬

te Et son sac à ta - bac. Ouich’ - ka ! Ah ! ah ! te- na-

ouich’ te - na - ga, Te - na - ouich’ te - na

ga, ouich’

ka !

C’était un vieux sauvage Tout noir, tout barbouilla, Ouich’ka !

Avec sa vieill’ couverte Et son sac à tabac Ouich’ka 1

Ah ! ah ! tenaouich’ tenaga, Tenaouich’ tenaga, ouich’ka I

Avec sa vieill’ couverte Et son sac à tabac.

Ouich’ka I

— Ton camarade est more, Est mort et enterra.

Ouich’ka 1

Ah I ah ! tenaouich’ tenaga, Tenaouich’ tenaga, ouich’ka !

Ton camarade est more,

Est mort et enterra.

Ouich’ka !

C’est quatre vieux sauvages Qui port’nt les coins du drap.

Ouich’ka !

Ah ! ah ! tenaouich’ tenaga, Tenaouich’ tenaga, ouich’ka !

C’est quatre vieux sauvages, Qui port’nt les coins du drap, Ouich’ka !

Et deux vieill’s sauvagesses Qui chant’nt le libéra.

Ouich’ka !

Ah ! ah ! tenaouich’ tenaga, Tenaouich’ tenaga, ouich’ka !

Autre version recueillie par M. J. A. Malouin :

Mon mari est en guerre,

Ne sait s’il reviendra Ouich’ka !

Eli’ monta dans sa chambre,

Si haut qu’ell’ put, monta Ouich’ka !

Ah ! ah I tenaouich’ tenaga,

Tenaouich’ tenaga, ouich’ka I

Regard’ par la fenêtre Pour voir son beau pagea.

— Ah ! dis-moi donc beau page,

Quell’ nouvelle apporta ?

— Les nouvell’s que j’apporte Tes doux yeux pleurera.

Ton mari il est mort,

Et mort et enterra !

Il fut porté en terre Par quatre-z-olïicias.

Trois, quatre vieux sauvages Portaient les coins du drap.

Et deux vieilles sauvagesses Chantaient le libéra.

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