LA FILLE DU ROI D’ESPAGNE
Si, au lieu de « La fille du roi d’Espagne », la chanson disait ; « La fille des empereurs d’Autriche », on pourrait peut-être y voir une allusion à l’adresse de la reine Marie Antoinette, qui, dans son jardin du Petit Trianon, à Versailles, se livrait à des habitudes de fermière. Mais les paysans ne savent pas faire de ces malices-là.
La musique l’emporte de beaucoup sur les paroles, dans cette chanson. Confessons toutefois que ces couplets où il est dit que la fille d’un roi veut apprendre « à battre la lessive », soit d’une naïveté qui fait sourire mais qui ne choque pas. Au reste, pour quiconque connaît le peuple à fond, cette manière de faire parler une princesse comme une paysanne n’offre rien d’étrange. Il est plus d’une naïveté de ce genre dans les contes populaires : dans celui de Jean F Sot, par exemple, où le héros dit à son fils :
Tu vas aller chez le roi ; tu lui diras: «Bonjour monsieur le roi. Papa vous fait bien ses compliments ; il demande si vous voudriez lui prêter votre demi-minot » !
M. J. Bujeaud, dans ses Chants et Chansons des provinces de V Ouest, donne une version de cette chanson dans laquelle la « fille du roi d’Espagne » casse d’abord son badras (battoir), puis laisse tomber son anneau à la mer.
Le reste de la chanson est comme notre version d ’lsabeau s' y promène. L’air donné par M. Bujeaud ne ressemble pas au nôtre. Une autre version de cette chanson, donnée par M. de Beaurepaire ( C’est sur le pont de Nantes), se chante avec le refrain que nous connaissons ici : Vogue . beau marinier.
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La fill’ du roi d’Es - pa - gne, Vo- gue,
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