‹ Chansons populairesChapitre 5 sur 89 · LE MELON · texte numérisé non relu

LE MELON

.raimc la terre de bruyère, .l'aime les rayons du soleil ; A sa bienfaisante lumière , Je deviens riant et vermeil.

.Faime la cloche bien fermée Qui me défend de F aquilon ; J'aime une couche parfumée :

Je suis melon.

Je suis l'unique providence Des charlatans et des auteurs ; Je suis la dernière espérance Des filous et des directeurs.

Je suis le héros des bitumes, Et dans les mines de charbon Je prends des actions posthumes :

Je suis melon.

Je crois aux éternelles flammes Des maris anciens et nouveaux, A la fidélité des femmes, A la bonne foi des journaux ,

Aux convictions politiques De Démosthène et de Platon , Aux peupliers démocratiques ; Je suis melon.

Je pousse dans la chambre unique (J'en aimerais deux cependant) Et je couvre la république Sous la cloche du président.

Dans cette fertile Champagne , Je pousse, à côté du chardon, Jusqu'au sommet de la montagne :

Je suis melon.

En un mot, je suis le seul maître De ce globe où nous végétons ; Et, dans Jes planètes, peut-être ^i'je d^Uîustres rejetons.

Vous, enfin, juges peu sévères,

Qui m' écoutez là tout de bon,

Donnez-moi Ja main, chers confrères, •'e suis melon -

12 GUSTAVE XADAIJD.

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