LE MELON
.raimc la terre de bruyère, .l'aime les rayons du soleil ; A sa bienfaisante lumière , Je deviens riant et vermeil.
.Faime la cloche bien fermée Qui me défend de F aquilon ; J'aime une couche parfumée :
Je suis melon.
Je suis l'unique providence Des charlatans et des auteurs ; Je suis la dernière espérance Des filous et des directeurs.
Je suis le héros des bitumes, Et dans les mines de charbon Je prends des actions posthumes :
Je suis melon.
Je crois aux éternelles flammes Des maris anciens et nouveaux, A la fidélité des femmes, A la bonne foi des journaux ,
Aux convictions politiques De Démosthène et de Platon , Aux peupliers démocratiques ; Je suis melon.
Je pousse dans la chambre unique (J'en aimerais deux cependant) Et je couvre la république Sous la cloche du président.
Dans cette fertile Champagne , Je pousse, à côté du chardon, Jusqu'au sommet de la montagne :
Je suis melon.
En un mot, je suis le seul maître De ce globe où nous végétons ; Et, dans Jes planètes, peut-être ^i'je d^Uîustres rejetons.
Vous, enfin, juges peu sévères,
Qui m' écoutez là tout de bon,
Donnez-moi Ja main, chers confrères, •'e suis melon -
12 GUSTAVE XADAIJD.