‹ Chansons populairesChapitre 68 sur 89 · II · texte numérisé non relu

II

182 GUSTAVE XADAUD.

Les petits enfants eux-mêmes L'avaient pris en amitië.

Tous les jours , quand la cohorte Des écoliers matinenz Rasait le seuil de sa porte , Il prenait rang avec eux.

Puis , dans un coin de la classe »

Sans se distraire un moment, Toujours à la même place 11 ouvrait son rudiment.

Puis enfin, quand les aiguilles Marquaient midi , grave et lent , Il allait jouer aux billes Ou guider un cerf-volant.

Ainsi , d'année en année, Il suivait le même cours , Et la classe terminée Pour lui commençait toujours.

Un matin, le vieil élève A son banc ne parut pas :

Il avait, comme en un rêve, Passé de vie à trépas.

Et les enfants de la ville , Qui le croyaient endormi , Jusqu'à son dernier asile Conduisirent leur ami.

Si le ciel , en ma vieillesse , Devait briser la cloison

Qui tient captive F hôtesse

Que j'appelle ma raison,

Au moins , dans son inclémence ,

Qu'il adoucisse ma fin,

En m' accordant la démence

Du bonhomme Séraphin ;

Et , parmi la bande folle , ,

Je veux qu'il me soit permis

De retourner à F école

Avec mes petits amis.

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