LE FANTASSIN
Le fantassin est le soldat
Qui porte une arme sur l'épaule ,
Auts^pt par goût que par état;
C'est le fils de la Gaule.
Sur ses jarrets il va d'aplomb , Le corps dispos et l'âme nette ; Il a de la poudre et du plomb,
II a sa baïonnette.
Le cavalier
Cherche à briller.
Le fantassin , petit de taille , Est celui qui gagne bataille.
Le fantassin a bien appris
Dans quelque vieux livre d'histoire
Que c'est à pied , en tout pays »
Que marche la victoire.
Faut-il grimper de bas en haut Sous les gréions de la mitraille, Passer ravin, donner assaut,
Franchir fosse ou muraille?
Le cavalier
Reste aa quartier.
Le fantassin an pied agile Est celui qui force une ville.
Le fantassin n'a pas besoin D'nn serviteur qui le gouverne :
Ce n'est pas F avoine et le foin
Qu'on mange à la caserne.
Son fourniment est un peu lourd ; Mais dans son sac il porte l'arche.
Ce n'est pas un torrent qui court, ,
C'est un rocher qui marche.
Le cavalier
Fait son métier.
Le fantassin , soldat modèle , Est celui qui prend citadelle.
Le fantassin, dans ses amours, Est toujours discret et modeste ; Il est pudique en son discours
Et timide en son geste.
Il obtient des succès flatteurs Sans traîner une sabretache , Sans prendre des airs séducteurs,
Sans friser sa moustache.
Le cavalier Veut essayer.
Le fantassin au cœur sensible Est celui qui louche k cible.
Le fantassin, avec raison, \'a pas r uniforme qui brille ;< Il n*est pas de grande maison ;
Le peuple est sa famille.
Son régiment sera toujours L'unique blason de sa race.
Sonnez, clairons; battez, tambours ;
C'est le drapeau qui passe !
Le cavalier
Perd rétrier.
Le fantassin détruit ou fonde.
C'est celui qui mène le monde.
Est tapi dans son coin.
Au sabre!
Ton cheval résiste et se cabre ; Dans ses flancs enfonce T acier.
Il bondit pieds par-dessus tête.
Adieu , carré , besogne est faite !
Au sabre, cavalier!
Victoire, cavalier, victoire!
Tu ramènes au camp lointain
Prisonnier et butin.
Victoire ! Le soleil se couche en sa gloire.
Sois humain pour ton prisonnier; Songe au ciel, écris à ta mère :
Un mot là-haut, un mot sur terre.
Victoire, cavalier!