THOMAS ET MOI
Lors des noces de ma cousine, An chant du coq je suis parti Pour Saint-Flour, la ville voisine, Avec Thomas, mon apprenti.
Je me dis : Ce bon camarade , Vais-je le rendre assez content!
Il était bien un peu malade ; Mais moi, j'étais si bien portant!
A Saint-Flour, le jour de la fétc
De saint Éloi, Quelle noce nous avons faite,
Thomas et moi!
Mous allâmes à la mairie , Puis à r église, en nous suivant Comme un piquet d'infanterie , Thomas derrière et moi devant.
Ensuite, on revint chez T épouse; Nous étions mis, il fallait voir! Thomas avait gardé sa blouse, Mais moi, j'avais mon habit noir<
A Saiiit-Flour, le jour de la fétc
De saint Éloi , Quelle noce nous avons faite,
Thomas et moi!
Puis on fit un repas sortable; On mangeait tant qu'on en pouvait; \ous étions tous assis à table , Hormis Thomas, qui nous servait.
Un chacun avait sa serviette, Chacun son verre à plusieurs fins; Thomas s'enivrait de piquette; Mais je buvais de si bons vins!
A Saint-Flour, le jour de la fête
De saint Éioi, Quelle noce nous avons faite,
Thomas et moi!
Nous fumâmes de gros cigares Pour faire plaisir à Thomas Qui, voyant nos mines bizarres, S'amusait, et ne fumait pas.
Bref, nous fîmes telle ripaille Que la nuit ne vint qu'au matin.
Thomas fit son lit dans la paille; Moi, je dormis dans du satin.
A Saint-Flour, le jour de la félc De saint Éloi,
cuANSonyis populaires. 217
Quelle noce nous avons faite, Thomas et moi !
Puis on s'embrassa tous en ronde,
Hormis Thomas, mon apprenti,
Qui convint que jamais au monde
Il ne s'était tant diverti.
Puis chacun reprit sa monture,
Les invités , les mariés ;
Moi, je revins dans ma voiture,
Et Thomas revint sur ses pieds.
A Saint-Flour, le jour de la fête
De saint Éloi, Quelle noce nous avons faite ,
Thomas et moi!