‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 103 sur 171 · L'INFIDELE PUNIE · texte numérisé non relu

L'INFIDELE PUNIE

Jolie bergère Dis-moi la chanson Que tu disais hier En gardant tes moutons.

— Ah ! oui, monsieur Fort bien la vous dirai Me promettant N'en serez point fâché.

— Si ça est vrai

De mon pain mangeras

Si ce n'est pas

De mon épée mourras !

— La demoiselle Qu'est fiancée à vous Elle est en couches

D'un fils il y a trois jours !

A t'appelé le valet pour diner

Il n'a point dit :

Au valet : « faut diner »

A plutôt dit les chevaux faut brider.

La mère d'elle

Sur les hautes vallées

A t'aperçu cinquante cavaliers

— Hélas ma fille

Nous somm' tout diffamées

Voici ton prince

Qui vient pour t'épouser !

— Hélas ! ma. mère

Présentez-lui ma sœur

Qui me ressemble

De bouche et de couleur.

Mettez-lui vite

Mon jupon de velours.

Par là dessus

Ma chaîne d'or au cou .

— Bonjour la belle

Au beau galon d'argent, C'est point pour vous Que j'suis ici présent.

— Hélas ma fille,

Nous somm' tout diffamées

Voici ta sœur

Que le prince a refusée.

Maman, donnez-moi Mon jupon de velours Que j'aille vite Me présenter à lui.

— Bonjour la belle !

A vos pâles couleurs C'est donc bien vous Qu'avez trahi mon cœur.

Dis-moi la belle Dis-moi donc sans mentir D'où t'est venu Ce joli petit fils ?

— Je brûlerais Comme beurre fondu Avant de dire

D'où ce petit m'est venu.

Il a tiré son épée En deux coups Lui descendit La tête avec le cou.

Page 1