L'INFIDELE PUNIE
Jolie bergère Dis-moi la chanson Que tu disais hier En gardant tes moutons.
— Ah ! oui, monsieur Fort bien la vous dirai Me promettant N'en serez point fâché.
— Si ça est vrai
De mon pain mangeras
Si ce n'est pas
De mon épée mourras !
— La demoiselle Qu'est fiancée à vous Elle est en couches
D'un fils il y a trois jours !
A t'appelé le valet pour diner
Il n'a point dit :
Au valet : « faut diner »
A plutôt dit les chevaux faut brider.
La mère d'elle
Sur les hautes vallées
A t'aperçu cinquante cavaliers
— Hélas ma fille
Nous somm' tout diffamées
Voici ton prince
Qui vient pour t'épouser !
— Hélas ! ma. mère
Présentez-lui ma sœur
Qui me ressemble
De bouche et de couleur.
Mettez-lui vite
Mon jupon de velours.
Par là dessus
Ma chaîne d'or au cou .
— Bonjour la belle
Au beau galon d'argent, C'est point pour vous Que j'suis ici présent.
— Hélas ma fille,
Nous somm' tout diffamées
Voici ta sœur
Que le prince a refusée.
Maman, donnez-moi Mon jupon de velours Que j'aille vite Me présenter à lui.
— Bonjour la belle !
A vos pâles couleurs C'est donc bien vous Qu'avez trahi mon cœur.
Dis-moi la belle Dis-moi donc sans mentir D'où t'est venu Ce joli petit fils ?
— Je brûlerais Comme beurre fondu Avant de dire
D'où ce petit m'est venu.
Il a tiré son épée En deux coups Lui descendit La tête avec le cou.