‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 104 sur 171 · VIVE LE ROI · texte numérisé non relu

VIVE LE ROI

Qui frappe ainsi à ma porte ?

Vive le roi Et m'empêche de dormir?

Vive Louis.

Si c'est votre amant la belle

Vive le roi Vous plaît-il de lui ouvrir ?

Vive Louis.

D'une main j'ouvre la porte

Vive le roi Et de l'autre la saisis

Vive Louis.

Je la pris par sa main blanche

Vive le roi Dans son jardin la menis

Vive Louis.

Je la menis dans une ente

Vive le roi Qui boutonne sans fleuri.

Vive Louis.

Je tire ma claire épée

Vive le roi Dans le cœur la lui plantis.

Vive.Louis.

Je pris le cœur de ma mie

Vive le roi Dans un blanc mouchoir le mis

Vive Louis.

Je l'ai porté à ma mère

Vive le roi Voilà quels sont vos désirs

Vive Louis.

Oh ! que veux-tu que j'en fasse

Vive le roi Porte-le où tu l'as pris.

Vive Louis.

Mère, apprête-moi mon linge ^' Vive le roi Que je m'aille loin du pays.

Vive Louis.

Je n'fus pas sur la montagne

Vive le roi Que j'vois la justice veni.

Vive Louis.

D'un genou me jette en terre

Vive le roi Et de l'autre crie merci.

Vive Louis.

N'y a point d'merci qui fasse

Vive le roi Beau garçon, il faut mouri.

Vive Louis.

Tout amant qui tue sa mie

Vive le roi De queir mort doit-il péri ?

Vive Louis,

Il doit être frit dans l'huile

Vive le roi Ou être écorché tout vif

Vive Louis !

GERMINE.

Un jour la belle Germine

Etait dans son jardin joli (bis)

Par là vint à passer

Trois jeunes chevaliers

Ils lui dir'nt : Bonjour fillette

Fillette à marier !

— Je ne suis pas fillette Messieurs je vous le dis Mon père m'a mariée

A quinze ans et demi Voilà demain sept ans Que mon mari est parti.

— Ah, dites-nous Madame Comment se nomme-t-il ?

— Il se nomme le comte Le comte de Lexion

C'est le plus honnête homme Qui soit dans le canton.

— Ah dites-nous Madame, Peut-on loger ici ?

— Oh non messieurs, oh non Vous n'y pouvez loger

Car je lui ai promis Et je lui tienderai.

— Ah dites-nous Madame Où pourrions nous loger ?

— Allez à ce château Que vous voyez d'ici.

C'est là où il demeure La mère de mon mari.

— Ah, donc bonjour Madame Peut-on loger ici ?

— Oh oui, Messieurs, oh oui Vous y pouvez loger

Car il y a pour boire Aussi pour y manger.

— Nous vous r'mercions Madame

Nous n'voulons pas manger

Nous ne voulons ni boire

Ni boire ni manger

Que nous n'ayons Germine

A nous accompagner.

— Ah donc bonjour Germine

Y a trois messieurs chez nous

Qui ne veulent ni boire

Ni boire, ni manger

Que vous ne soyez Germine

A les accompagner.

— Si vous n'étiez la mère La mère de mon mari,

Je vous ferais condu re i

A Lyon sur le pont

Et vous ferais manger

Par les petits poissons. |

La mère s'en retourne S'en retourne en pleurant

— Buvez, mangez. Messieurs Germine ne veut pas v'ni C'est la plus dure femme Qu'il y ait dans le pays.

— Si vous n'étiez la mère La mère qui m'a nourri Je vous ferais passer Au fil de mon épée Vous qui vouliez séduire Germine ma bien aimée.

Ouvre la porte Germine C'est moi qu'est ton mari — Donnez-moi les indices De la première nuit.

De là je pourrai croire Que vous êtes mon mari.

— Te souviens-tu Germine De la première nuit Que tu étais montée Sur mon beau cheval gris Entre deux de tes frères Et moi ton favori ?

Ouvre ta porte Germine C'est moi qu'est ton mari — Donnez-moi des indices De la seconde nuit De là je pourrai croire Que vous êtes mon mari.

— Te souviens-tu Germine Que la seconde nuit En te serrant les doigts Ton anneau d'or cassa Dont t'en as la moitié Et l'autre la voilà.

Elle appelle sa servante:

— Jeanneton vite ici !

Apportez feu et plats Et faites un grand repas Car voici mon mari...

Je ne l'attendais pas.

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