VIVE LE ROI
Qui frappe ainsi à ma porte ?
Vive le roi Et m'empêche de dormir?
Vive Louis.
Si c'est votre amant la belle
Vive le roi Vous plaît-il de lui ouvrir ?
Vive Louis.
D'une main j'ouvre la porte
Vive le roi Et de l'autre la saisis
Vive Louis.
Je la pris par sa main blanche
Vive le roi Dans son jardin la menis
Vive Louis.
Je la menis dans une ente
Vive le roi Qui boutonne sans fleuri.
Vive Louis.
Je tire ma claire épée
Vive le roi Dans le cœur la lui plantis.
Vive.Louis.
Je pris le cœur de ma mie
Vive le roi Dans un blanc mouchoir le mis
Vive Louis.
Je l'ai porté à ma mère
Vive le roi Voilà quels sont vos désirs
Vive Louis.
Oh ! que veux-tu que j'en fasse
Vive le roi Porte-le où tu l'as pris.
Vive Louis.
Mère, apprête-moi mon linge ^' Vive le roi Que je m'aille loin du pays.
Vive Louis.
Je n'fus pas sur la montagne
Vive le roi Que j'vois la justice veni.
Vive Louis.
D'un genou me jette en terre
Vive le roi Et de l'autre crie merci.
Vive Louis.
N'y a point d'merci qui fasse
Vive le roi Beau garçon, il faut mouri.
Vive Louis.
Tout amant qui tue sa mie
Vive le roi De queir mort doit-il péri ?
Vive Louis,
Il doit être frit dans l'huile
Vive le roi Ou être écorché tout vif
Vive Louis !
GERMINE.
Un jour la belle Germine
Etait dans son jardin joli (bis)
Par là vint à passer
Trois jeunes chevaliers
Ils lui dir'nt : Bonjour fillette
Fillette à marier !
— Je ne suis pas fillette Messieurs je vous le dis Mon père m'a mariée
A quinze ans et demi Voilà demain sept ans Que mon mari est parti.
— Ah, dites-nous Madame Comment se nomme-t-il ?
— Il se nomme le comte Le comte de Lexion
C'est le plus honnête homme Qui soit dans le canton.
— Ah dites-nous Madame, Peut-on loger ici ?
— Oh non messieurs, oh non Vous n'y pouvez loger
Car je lui ai promis Et je lui tienderai.
— Ah dites-nous Madame Où pourrions nous loger ?
— Allez à ce château Que vous voyez d'ici.
C'est là où il demeure La mère de mon mari.
— Ah, donc bonjour Madame Peut-on loger ici ?
— Oh oui, Messieurs, oh oui Vous y pouvez loger
Car il y a pour boire Aussi pour y manger.
— Nous vous r'mercions Madame
Nous n'voulons pas manger
Nous ne voulons ni boire
Ni boire ni manger
Que nous n'ayons Germine
A nous accompagner.
— Ah donc bonjour Germine
Y a trois messieurs chez nous
Qui ne veulent ni boire
Ni boire, ni manger
Que vous ne soyez Germine
A les accompagner.
— Si vous n'étiez la mère La mère de mon mari,
Je vous ferais condu re i
A Lyon sur le pont
Et vous ferais manger
Par les petits poissons. |
La mère s'en retourne S'en retourne en pleurant
— Buvez, mangez. Messieurs Germine ne veut pas v'ni C'est la plus dure femme Qu'il y ait dans le pays.
— Si vous n'étiez la mère La mère qui m'a nourri Je vous ferais passer Au fil de mon épée Vous qui vouliez séduire Germine ma bien aimée.
Ouvre la porte Germine C'est moi qu'est ton mari — Donnez-moi les indices De la première nuit.
De là je pourrai croire Que vous êtes mon mari.
— Te souviens-tu Germine De la première nuit Que tu étais montée Sur mon beau cheval gris Entre deux de tes frères Et moi ton favori ?
Ouvre ta porte Germine C'est moi qu'est ton mari — Donnez-moi des indices De la seconde nuit De là je pourrai croire Que vous êtes mon mari.
— Te souviens-tu Germine Que la seconde nuit En te serrant les doigts Ton anneau d'or cassa Dont t'en as la moitié Et l'autre la voilà.
Elle appelle sa servante:
— Jeanneton vite ici !
Apportez feu et plats Et faites un grand repas Car voici mon mari...
Je ne l'attendais pas.