‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 153 sur 171 · LA FILLE QUI SERT LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA FILLE QUI SERT LA LIBERTÉ

Dedans les volontaires Je me suis engagé ; Ma charmante maîtresse, Il faut donc te quitter !

J'ai reçu une lettre, Un* lettre de not' sergent, Il faut que je m'en aille Rejoind' mon régiment.

— Un jour me prend envie...

Si j'allais avec toi?

Dedans ta compagnie, Crois-tu qu'on m'y r'cevrait?

— Oui da, ma chère amie, J'entends bien ta raison.

Aussitôt elle s'habille.

Prend l'habit d'un dragon.

Sur le champ de bataille, Sur le port de Toulon, La belle fut blessée D'un grand coup de canon.

Un gros boulet qui passe Lui emporte le bras.

Aussitôt elle déclare Qu'eir n'était passoldat.

Toute la compagnie En fut bien étonnée En voyant une fille Servir la Liberté.

Mais son amant la pleure Et la nuit et le jour.

Adieu donc ma maîtresse !

Adieu beir pour toujours.

LE RETOUR DU SOLDAT d).

Bonsoir nos braves gens !

Passant dessus'ces terres Pour la nuit seulement Pourrais-je être à couvert?

Je suis un militaire Qui revient de la guerre, Marchant d'un pas pressé Pour rejoindre ma mère, (bis)

— Hélas ! mon beau monsieur, Voyez cette chaumière !

Elle est souvent sans pain, Sans feu et sans lumière.

Je ne puis vous loger Dans ce triste héritage.

Je vous prie de chercher Ailleurs dans le village, {bis)

(1) V. p. 52, La reconnaissance du fils et de la mère.

— Je suis très fatigué A faire un long voyage.

Je vous prie de m'ioger, Couché sur des feuillages.

Vous avez comme moi Des parents à la guerre, Pour vous quel agrément Qu'on puiss' les satisfaire, (bis)

— Par vos discours touchants, Vous m'arrachez des larmes.

Oui j'ai un cher enfant

Qui cause mes alarmes.

Voilà dix ans passés Qu'il combat pour la gloire.

Je prie le Tout-Puissant De me le fair' revoir, (bis)

— Chère mère embrassez-moi, Tarissez donc vos larmes.

C'est votre fils François

Qui revient plein de charmes Pour soulager vos jours Dedans votre vieillesse.

J'apporte à mon retour Pour vivre sans tristesse, {bis)

— C'est toi, mon cher enfant, Quelle joie tu m'inspires ; Que tu es dev'nu grand

En servant notre Empire De taille aussi d'esprit.

Dans ce bel exercice.

Le Très-Haut t'a comblé De joie et de mérite, {bis}

VIEILLE CHANSON MORTUACIENNE.

Lai Dodai (Josette) Bosson veut se mairià

Son troussai n'a pas occoua (encore) felà (filé).

Que siot felâ que ne siot pas felà,

Lou pian (le plan) at se bin décida

Que lou Dialou (diable) deusse (dût) set moula (s'en mêler)

Lai Dodai Bosson veut se mairià.

Lai Dodai Bosson veut se mairià

L'a soûlai (elle est lasse) de se meurtifià.

L'ait fâ lai raisoulution

Dot panre (prendre) un pou tout de bon.

Ai qui peut ille s'aidrossier

Se ce n'ât y ménétrier.

In djeu (jour) din tré boun appouan (appoint)

L'ait rocontrà Hugues Tjean.

— I airou (j'aurais) occoua einet voulontâ

Cet sairait de me mairià.

Se veus met pouis (m'en pouvez) un trouva

Veus sairis bin raicompensà.

Hugues Tjean se prognait (prit) ai pansa

Qu'ot Saignats (i) il faillait alla

Que li pourrait vraiment trouva

In luron prou décida

Que peusse bin bàtonnâ

Gte veille aibandounâ.

(1) La Seigna, hameau des environs de Morteau.

Hugues Tjean sans s'airratâ Ot Saignats s'en at alla.

— I faut prontaimot t'aippratâ.

Il y onnait einet (il y en a une) que m'et pailâ. Il faut alla aiprès Poumier (1) Pou veni in pou tirier.

Quand i feurot airrevâs

Sas rèvéranças le li et fà.

Tout ot li prognant let man,

L'i desant : « Mon cher amant,

Voici einet balle airrevai (une belle arrivée)

Pour einet veille ridaie.

Quand y l'eure in poue caressier Lai veille vouillait tgibecier (gigotter)

— I faut aippelâ lou ménétrier I voudroue in pou dansier.

Le vouillait faire lai vaillant Devant c'ti bé galant.

Que veus me pailassie (parliez) lou patois,

Lou Moutchau (Morteau), lou Fribourgeois,

L'OUemand et lou laitin,

Lou Français i lou savous bin.

De que loguet que veus pailassie

I me fiaitous (je me flatte) de très bin rédeussi (réussir).

Sairis veus bin contot

Qu'i prognassous (que je prenne) voutre Sirot (2)

Neus li baillerans di beuillot (3)

Neus li farans laiva los poutots (les pots)

Bressier (bercer) las petignots (petits enfants).

De pounais (peine) i n'airait pas trop.

(1) Nom de l'arquebusier.

(2) Le père, beau-père.

(3) Lait de beurre (létiat).

— Oui, neus serrans bin contots.

— Mans veus panris (prendrez) lou saitchot (petit sac) Veus veus on iéris (vous en irez) tchantant

Aimont aivou las pras Poignants

Veus vodderis (vendrez) das ougnelots (petits oignons)

Pou neurri noutre Sirot.

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