VENGEANCE DE LA FILLE DRAGON
Chantons la gloire et l'honneur
D'une fille remplie de cœur.
Mais son amant malhonnête homme,
Dans les dragons s'est engagé.
Il a délaissé sa maîtresse.
Hélas ! grand Dieu, quell' cruauté !
Huit jours après que ç'ia fut fait.
Le capitaine ell' fut trouver.
— Ah ! bonjour donc mon capitaine, Je voudrais bien m'y engager.
La chose est sûre et certaine, Si vous voulez bien m'enrôler.
Le capitaine la regardant.
Lui dit : Tu as l'air d'un enfant !
Combien faut-il que je t'y donne.
L'ami, pour ton engagement?
Nous servirons les deux ensemble Dedans le même régiment.
S'y promenant dessus le pont, Eir fait rencontr' de son dragon.
Eir le regard' d'un air farouche, En le traitant de fanfaron.
— Ah ! l'on voit bien dessus ta mine, Que tu n'es qu'un vrai polisson.
Si t'étais un dragon de cœur.
Tu nous ferais voir ta valeur.
Prends ton épée et moi la mienne, Et viens là-bas dans ce vallon.
Nous tirerons l'épée ensemble Si tu es un vaillant dragon.
Quand au vallon fur'nt arrivés, La belle en garde s'a jeté.
Soit par force, soit par adresse, Elle lui mit la pointe au cœur. Et sur le coup de sa maîtresse, Son bel amant est tombé mort.
Quand ell' vit son amant tombé.
Son épée elle a rengainée.
EU' reprend ses habits de fille, Laissant ses habits de dragon.
Elle fit voir à la compagnie Qu'elle n'était pas un garçon.