‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 168 sur 171 · LA FIANCÉE DU ROI D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LA FIANCÉE DU ROI D'ANGLETERRE

(Fragments.)

La pauvre fille on l'a fiancée

Dedans ces bois.

11 n'y a ni grand ni petit

Qui n'en pleurait.

Quand ce fut pour la mer passer, Ses beaux yeux l'y ont voulu bander.

— Bande les tiens, laisse les miens,

Maudit Anglais.

Puisque je dois passer la mer, Je la veux voir.

Quand ce fut pour la cour entrer, De beaux bouquets lui ont présentés.

De ces bouquets je n'en veux point,

Maudit Anglais, Il n'y a ni rose ni romarin

De mon pays.

Quand ce fut pour aller souper.

Un beau banquet lui ont donné.

— De ton banquet je n'en veux point,

Maudit Anglais, Il n'y a ni cailles ni perdrix De mon pays.

Quand ce fut pour aller coucher.

Ses beaux bas lui a voulu tirer.

— Tire les tiens, laisse les miens.

Maudit Anglais !

Vire-toi d'ià et moi deçà

Maudit Anglais !

Quand je te sens auprès de moi,

Mon cœur s'en va.

Et quand s'en vint sur la minuit, Que la belle se réveillit...

— Retourne-toi de mon côté,

Le roi Anglais !

Puisque nous sommes mariés,

Nous faut aimer.

Fragments d'une chanson que Champfleury dit avoir recueillie en Franche-Comté.

Maman apprêtez-moi

Mes habits de soie rouge

Et mon épée qui est brodée d'arge*t.

Vers ma maîtresse je veux aller.

(Il trouve sa maîtresse mourante.)

Amant, mon cher amant, Faites-moi faire un cierge Et vous l'allumerez à la tète de mon lit, Car à minuit je vais mourir.

Les minuit qui sonnent

Et la belle trépasse.

Elle tire sa main blanche du Mt

Pour dire adieu à son ami.

— Maman apprêtez-moi

Mes habits de soie noire,

Et mon chapeau de velours brodé.

Le deuil d'amour je veux porter.

TANTA LIAUDA (1).

(Fragments.)

Djé biqua la tanta Liauda Et djué fait tort à nion J'ai embrassé la tante Claudine Et je n'ai fait tort à personne

Gré mâtin ! que la Liauda é bella

Gré coquin ! que son train (sa danse) va bin.

Y en a tré qui voulon la Liauda

Y en a do qui né l'aran pas.

Fragments d'une chanson comtoise.

Y avait un homme à Besançon Qu'avait sa fille dans sa maison

Ma fille faites la morte Et laissez-vous ensevelir

Jusqu'à la croix de Saint-André

Par quat' moines laissez-vous porter.

(I) Patois des Rousses.

La belle fit la morte

Et se laissa ensevelir.

Jusqu'à la croix de Saint-André,

Par quat' moines se laissa porter.

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