LA FIANCÉE DU ROI D'ANGLETERRE
(Fragments.)
La pauvre fille on l'a fiancée
Dedans ces bois.
11 n'y a ni grand ni petit
Qui n'en pleurait.
Quand ce fut pour la mer passer, Ses beaux yeux l'y ont voulu bander.
— Bande les tiens, laisse les miens,
Maudit Anglais.
Puisque je dois passer la mer, Je la veux voir.
Quand ce fut pour la cour entrer, De beaux bouquets lui ont présentés.
De ces bouquets je n'en veux point,
Maudit Anglais, Il n'y a ni rose ni romarin
De mon pays.
Quand ce fut pour aller souper.
Un beau banquet lui ont donné.
— De ton banquet je n'en veux point,
Maudit Anglais, Il n'y a ni cailles ni perdrix De mon pays.
Quand ce fut pour aller coucher.
Ses beaux bas lui a voulu tirer.
— Tire les tiens, laisse les miens.
Maudit Anglais !
Vire-toi d'ià et moi deçà
Maudit Anglais !
Quand je te sens auprès de moi,
Mon cœur s'en va.
Et quand s'en vint sur la minuit, Que la belle se réveillit...
— Retourne-toi de mon côté,
Le roi Anglais !
Puisque nous sommes mariés,
Nous faut aimer.
Fragments d'une chanson que Champfleury dit avoir recueillie en Franche-Comté.
Maman apprêtez-moi
Mes habits de soie rouge
Et mon épée qui est brodée d'arge*t.
Vers ma maîtresse je veux aller.
(Il trouve sa maîtresse mourante.)
Amant, mon cher amant, Faites-moi faire un cierge Et vous l'allumerez à la tète de mon lit, Car à minuit je vais mourir.
Les minuit qui sonnent
Et la belle trépasse.
Elle tire sa main blanche du Mt
Pour dire adieu à son ami.
— Maman apprêtez-moi
Mes habits de soie noire,
Et mon chapeau de velours brodé.
Le deuil d'amour je veux porter.
TANTA LIAUDA (1).
(Fragments.)
Djé biqua la tanta Liauda Et djué fait tort à nion J'ai embrassé la tante Claudine Et je n'ai fait tort à personne
Gré mâtin ! que la Liauda é bella
Gré coquin ! que son train (sa danse) va bin.
Y en a tré qui voulon la Liauda
Y en a do qui né l'aran pas.
Fragments d'une chanson comtoise.
Y avait un homme à Besançon Qu'avait sa fille dans sa maison
Ma fille faites la morte Et laissez-vous ensevelir
Jusqu'à la croix de Saint-André
Par quat' moines laissez-vous porter.
(I) Patois des Rousses.
La belle fit la morte
Et se laissa ensevelir.
Jusqu'à la croix de Saint-André,
Par quat' moines se laissa porter.