‹ Chansons pour mon ombreChapitre 1 sur 2 · ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR

îl-n, PASSACB CHOISEUL, aj-H

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A MOIS OMBSE

Sf,'n ..^mhr.-suii, pj.< .h- !,•::<:■ .

cMis pas que l\iube désdppiôuvi-, tMon ombre marche,^ à.^s il<f louiv, TJroité ci fo^w csaimé un- e^fris.

£//■■ «![■ suil. <:oinnie un rapi oche...

— Malaise des mauvais matins.

Qui se courbe sous les destins, Se i\'sso\iyic'M et se rapproche!... —

L'ombre me suir, comme un reproche...

Ve mes pas dont ii crainre hcsiu-, Vers l'aiUe ou gùeiu les Moris...

éMon ombre suit mes pas d'ermite.

Implacable comme un remords...

LE7 7HE •DE'siV ^WRJ THEIK, VEaiV

Vo:

Les songes, les désirs, les douceurs, les remords, Tout le passé... Je vais ensevelir mes moris.

J'enfouini, parmi les sombres violettes.

Ton visage d'amie aux tendresses muettes, O toi qui dors parmi les sombres violettes I

Lt je pleurerai l'asire éleini de ion regard... Dans l'effort de la vie el les heum dj hasard, Je pleurerai l'étoile éteinte d'un regard...

La pSIe chevelure et les paupicres closes

D'un amour dont l'ardeur mourut parmi les roses...

Abolissant en moi les craintes, les remords.

Et m'a p portant l'esprit indifférent des morts.

Jo trouverai, sous les grappes de violettes, les sanglots apaisés et les larmes muettes.

Sous les fleurs de la mort, les sombres violettes...

Lf; L-ouk'urs cesseroni d'ulTciiscr mon regard.

J'emporterai là-bas le souvenir des roses, Er l'on efTeuillera sur mes paupières closes Les lilas et les lys, les roses et les roses...

Lai COiM(i£/£

Passant, je me souviens du crépuscule vert Où glissent lentement les ombres sous-marines, Où les algues, offrant leur calice entr'ouvert, Ëireignent de leurs brsi fluides les mines Des vaisseaux, autrefois pesants d'ivoire et d'or.. Je me souviens du soir où la nacre s'irise, Où dorment les anneaux, étincelanis encor.

Que donnaient i h mer ses époux de Venise...

Fdssar'.t, ie me souviens du curieux iravail Des érerr.e!i iardin; qui gardent, virginales, La f!eur de nacre fraiche et la fleur du corail, Dor.i les profonds remous avivent les pétales,

Je me souviens o'r.voir tu l'odeur de la brume

Et d'a\ oir conlerriFiô le sillage qui fuît

En laissant Sur les flots une neige d'écume...

Je me souviens d'avoir vu, sur l'azur changeant

Des vagues, refleurir les astres du phosphore.

Mon lit frileux était le doux sable d'argent...

Je me souviens d'avoir frôlé le madrépore

En SCS palais... d'avoir vu des lambeaux empreints

De sel, qui furent des bannières déployées...

D'avoir pleuré les yeux et les cheveux éteints

lit les membres meuriris des amantes noyées...

Dans mon cœur chante encor la musique illusoire De l'Océan... Je garde en ma frêle mémoire

Lo4SSnUVE

Je dormirai ce soir d'un large et doux sommeil... Fermez les lourds rideaux, tenez les portes closes. Surtout, ne laissez pas pénétrer le soleil, Laissez autour de moi le soir trempé de roses.

Posez, sur la blancheur d'un oreiller profond. De ces fleurs sans éclat et dont l'odeur obsède... Posez-les dans mes mains, sur mon cceur, sur mon front. Les Heurs frêles au souffle adorablement lièdc.

El [e dirai très bas : < Rien de moi n'est resté... Mon âme enfin repose... Ayez donc pillé d'elle... Qu'elle puisse dormir toute une éternité... n Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle.

— Que s'edeuiliciit les Heur;, tubéreuses et lys, Et que sombre et s'éteigne, au seuil des portes closes. L'écho pâle et lointain des sanglots de jadis... Ah ! le soir infini! le soir trempé de roses t.. .

I Ls me disent, tandis que je sanglote encore : a Dans l'ombre du sépulcre où sa grâce pâlit Elle aspire la paix passagère du lit, Les ténèbres au front, et ci^ns les yeux l'aurore.

■ Elle aura la splendeur do l'tsprit délivre, Rêve, haleine, musique, essor, parfum, lumière... Le cercueil ne la peut contenir tout entière. Ni le sol, de chair morte et de pleurs enivré.

a Le dcrge aux larmes d'or, le vol las do cantique. Les lys fanés, ne sont qu'un symbole menteur : Dans une aube d'avril qui vient avec lenteur. Elle refleurira, violetie mystique... s

— Et j'écouie, parmi les temples de la mon.

Je sens monter vers moi la chaleur de la terre. Dont l'accablante odeur recÈie le mystère Du sanglot qui se tait ot du rayon qui dort...

J'écoute, mais le vent des espaces emporte L'audacieux espoir des infinis sereins...

Elle ne sera plus dans l'heure que j'étreins. L'heure unique et certaine, et moi, je la crois morte.

L'cLivuloppani du bleu ri:e]iqae de ses voiles. Éteint jusqu'aux lueurs lointaines des étoiles. Et le vin des pavois lui verse le sommeil.

O Morie que j'almals, ô Pâleur étendue Dans l'immobilité des néants noirs et froids, Je n'ose t'apporter que les fleurs d'autrefois Et mes sanglots païens sur ta beauté perdue...

1 ARHi les ondoiements et lus éclairs doiiccux, Les hngoureux lys d'eau lèvent leur front laiteux.

La rivière aux flots lourds berce leur somnolence- Ce sont d'étranges fleurs de mort et de silence.

Leur fraîcheur refroidit les flammes du soleil, Et leur soufDc répand une odeur de sommeil.

W<i4TE^ LILIES

Ce sont des tleurs du mon et de mclancolie; Elles ont caressé les bras nus d'Ophélie.

Elles aiment le saule et les roseaux, le bruit Dus feuillages, les SQÏrs d'émeraude et la nuit.

L'.u-o^b[anto splendeur du jour los [mportuiio : liilei dorment sur leau, pâles comme h lune.

Aucun souffle d'amour n'atteint leur pureté.

Elles furent jadis les lotus du Léthë.

Et les échos plus douN i^ne les sons, où les fleurs

Sans parFum, sont tissés dans la trame du songe, OÙ l'ivresse qui sourd des pavots se prolonge.

Et les lys ont gardé le pieux souvenir

Du pays tiède où tous les chocs vont s'amortir,

De la Déesse aux yeux de crépuscule tendre.

Dénouant ses cheveux de poussière et de cendre.

TOI, 5\:0TÏ(£ T£1{E OViO^

L E vent d'hiver s'élance, audacieux ei fort, Ainsi que les Vikings, en leurs nobles colères. La tempête a soufflé sur les pins séculaires, Et les flots ont bandï... Venez, mes Dieux du Nord I

Vos yeux ont le reflet des lames boréales, Les abimes vous sont de faciles chemins, Et vous £tes grands et sveltes comme les pins, O maîtres des cieux Froids et des races loyales!

Mes Dku.\ du Nord, hardis et blonds, réveil le^-vo us De votre long sommeil dans les neiges hautaines, Et faites retentir vos appels sur les plaines Où se prolonge au soir le hurlement des loups.

Venez, mes Dieux du Nord, aux faces aguerries. Toi, notre père Odin, toi dont les cheveux d'or, Freya, soeii pleins d'adojrs, et toi, valeureux Thoi Toi, Fricka volontaire, cl vous, mes Valkyriesl

Je suis la fille de vos Skaides vénérables.

De ceus qui vous louaient, debout auprès des tables

Où les héros buvaient l'hydromel des festins.

Vouez, mes Dieux puissants, carnotrehiverest proche. Nous allons rire avec les joyeux ouragans.

Nous abattrons Ig chêne épargné par les ans.

Pour nous s'diiimcroiil les brumes, formes vagues.

Les mouettes crieront vers nous et vers l'orage Que nous apporterons dans le creux de nos mains... Or voici qu'on entend les combats surhumains Et le cri des vaincus sur le bléme rivage.

Voici, mes Dieux, que vous lic/ L-ijniinc riui:efuis Et que l'aigle tournoie au-dessus de son sire. Nous avons déchaîné la meute du tonnerre.

L'espace écoutera nos farouches musiques Et les cieux révoltés ploieront sous notre cfTott... Venez ï mai qui vous attends, mes Dieux du Nord ! Je suis la fille de vos Skaldes héroïques...

N Ame, c'est la chose exquise et parfumée Qui s'ouvre avec lenteur, en silence, en tremblant, Et qui, pleine d'amour, s'étonne d'être aimée... Ton Ame, c'est le lys, le lys divin et blanc.

Comme un souffle des bois où sont les violettes, Ton souffle vient frôler le front du désespoir, El l'on apprend de toi les bravoures muettes... Ton Ame est le poème, et le chant, et le soir.

T0 5\: o^SfE

Ton Ame est la fraîcheur, ton Ame est la rosée... Sa très douce pilié console du destin Et ranime d'un mot l'espérance brisée...

Ton Ame est le sourire au regard du matin...

LES CTC^ES SolUVMGES

^^OMME m vol df cypils sjHVii/^es, Battements d'ailes vers le Nord, Passe le vol des blancs nuiiges.

Chassés par la bise qui mord.

]6 CHAKiONJ POUR MON OHRRE

- rd f ds.

1 tempcie assiège.

C:iiiiih :in v.i! ilr rfglus sauvages, i):t!fK.ii:-, .!\,iUs vers te Nord, l'.me le w! îles blancs magfs, Chiissés parla bise qui mord.

Les ycuK lointains des ioups guetteront Ion sommeil. Le vent victorieux et la mer magnanime Rafraîchiront (on front où l'espoir se ranime : Tu te réjouiras de la mon du soleil.

^Mtmeali ,!',iilts ven h Nord, P^sse le -m! dfS hL:KS m.iges.

Chassés par U bise qui mord.

Viens, l'écho des sommets que la tempête assiège Vibre dans la candeur farouche de ta voix...

Viens, nous effeuillerons les rires d'autrefois, Viens, nous respirerons les parfums de la neige.

Camme vu -jot de cygnes sauvjgts Battements d'ailes vers le Nord, Pjsse h vol des bknçs nuages.

I u ;!liiscs paiement, tel un cygne sauvage, O Svaiiliild ! en l'on voit sur ton profond visage L'iidroiquc blancheur des Neiges el du Nord.

Jt J'rciidm'i, comme les naages Clusiis pjr lu bise qui mord, ht i'jnnne If s ty^MS siin-Mges, Mm <■/./;/ vers le ciel du Nord.

LES Em^U\ÉES

L'Ombre étouffe le rire étroit des Emmuréts.

Leur illusoire appel s'étrangle dans la nuit. Leur front implore en vain la brise qui s'enfuit Vers l'Ouest, où les mers sommeillent, azurées.

Leur surdité n'a plus le souvenir du bruit.

Et la soif a noirci leurs lèvres sitcrces.

Leur chair ne blondit poini sous l'ambre des soleils. Lourde comme la pierre aux étemels sotnmdls Que la neige console et que frôlent les brises.

La rouille des lichens a dévoré leur coeur.

iN'uui iiiùk'[oii5 1105 brn.t jusqu'.m Jétlin du jour. Et iKHis p.ir fumerons de roses et de myrrhe Nos corps, où brûlera, comme un ferment divin, La colère du vin.

licrc et de bruit.

15 cheveux de prêtresses.

Ardents to Plus tard, i

Jadis a lassitude envia le sommeil Du faune el du satyre accablas de musique.

Rassasiés de fruits et repus de soleil.

— Compagnes, écoutez la pleureuse qui chaîne La mort d'une Bacchante.

LE ■BLOC VE ^q41{^%E

Je dormais dans le liane massif de b montagne... Ses tiédeurs m'enivraient. Auprès de mon sommeil Sourdait l'ardent eFTort des fleurs vers le soleil. Rien ne troublait la paix large de la montagne.

Je dormais. Je semblais un astre dans la nuit, Et l'ondoyant avril que l'amour accompagne Tremblait divinement sur l'or de la campagne. Sans rompre mon attente obscure dans la nuïi.

Luisquo lu in'arrsclias à mon calme éternel, O mon msilre! ô bourreau dont je porte l'empreinte! Dans la douleur et dans l'elTrol de ton étreinte, Ji: ïoius, je perdis le repos éternel.,,

K- devins la Statue au front las, et la foule liisiilli-' d'un regard imbécile et cruel Ma froide identité sans geste et sans appel, l'.ilurc dki regiid païsaser de la foule.

Cl je suis la viciimo orgueilleuse do temps.

Car Je souffre au delà de l'heure qui s'écoule. Mon angoisse domine altièrcment la houle Gémissante qui meurt dans l'infini du temps.

Je te hais, créateur dont la pensée austère A fait jaillir mon corps en de fiévreux instants, Et dont je garde au cœur les rêves sanglotants... Je connais les douleurs profondes de la terre.

Moi qui suis la victime orgueilleuse du temps.

V ous craignez le désir, ô compagnons d'Ulyssel Aveugles et muets, l'âme close au péril De \» voix qui ruisselle et du rire subtil.

Vous rêvez des foyers qui recueillent l'exîl Aux pieds l»ssis. Moi seuil 6 compagnons d'Ulysse, Moi seul ai dédaigné la Iraude et l'artifice, Moi seul ose l'amour et le divin péril.

VEf^S LES SITt^ÈIT^ES

Dénouant leurs cheveux fluides, les Sirines, Ceintes de la langueur et du regret des morts, S'approchent, un reflet de perles sur leurs corps. Elles chantent... Leur voix se mêle aux clairs accords Des vagues et du vent... J'entrevois les Sirènes... Elles chantent l'amour qui corrode les veines Comme un venin, et fait pleurer les yeux des morts...

O Lâches compagnons d'Ulyssel Pour une heure Je donne l'exisience hum»inel Pour un chant Vaguement répiti p»r la mer au couchant.

Pour un visage à peine entrevu, se penchant Sur le miroir brisé des ondes, — pour une heure. J'accepte le silence où le néant demeure.

Le silence où périt la mémoire du chant...

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E odeur fraîche, un bruit de musique éiouflee Sous les feuilles, et c'est Viviane la fée.

Elle imite, cachée en un fouillis de fleurs.

Le rire suraigu des oiseaux persifleurs.

Souveraine fantasque, olli.- s'attarde CI rode Dans la forci, comme en un palais d'émeraude.

L'eau qui miroite a U couleur de son regard.

Elle se voile des dentelles du brouillard.

Parfois, une langueur monte de l'herbe et plane : Les violettes ont salué Viviane.

Sa robe a des lueurs de perles et d'argent,

Son front est variable cl son coeur est changeant.

Son pouvoir féminin s'insinue ï la brune :

£lle devient irrésistible au clair de lune.

Des pâtres ont cru voir, de leurs yeux ingénus. Des serpents verts glisser le long de ses bras nus.

Parfois clic est eriiclio et parfois elle est bonne.

Et Viviane est plus puissante que le sort; Elle porte en ses mains le sommeil et I) mort.

Plus que l'espoir et plus que le songe, elle est belle. Les plus grand s enchanteurs sont des enfants près d'elle.

Ses cheveux sonl défaits et le soleil les dore. Chaque matin, elle est plus blonde que l'aurore.

Ondoyante, elle sait promettre et décevoir.

Vers le couchant, elle est rousse comme le soir.

Lorsque le lil ambre du croissant tremble el luit Sur les chênes, elle est brane comme la nuit.

Des rois ont partagé son palais et sa table.

Mais nul n'a jamais vu sa face véritable.

Elle renaît, elle est plus belle chaque jour. Et ses illusions trompent le simple amour.

Elle erre, comme un vent d'avril, sous la ramée. Et vous reconnaissez en elle votre aimée.

Elle est celle qu'on ne rencontre qu'une fois. Ecoutez... Nulle voiic n'est pareille ï sa voix.

Elle approche, et ses doigts effeuillent des corolles- Vous tremblez... Vous avez oublié les parolqs...

Qj'elle vous appariieni depuis l'éiernité.

Elle a changé de nom, de voix et de visage; Malgré tout, vous l'avez reconnue au passage.

Elle réveille en vous tous les anciens désirs. A l'ombre de ses pas brillent des souvenirs.

Vous l'avez pressentie et vous l'avez rêvée Longuement, et surtout vous l'avez retrouvée.

Elle trame pour vous des jardins et des ciels, Et vous vous endormez en ses bras éternels.

L'A VOG^%ESSE

SCÈHE T11E3ICIÈK.E

o Venise! j'ai l'ime ivre de sérénade: :

La musique a brûlé mes lèvres et mon fronr.

Les barques où, parmi U pourpre des grenades, Rougil le rose frais des pasièques, s'en vont Sous la brise du soir ivre de sérénades.

CHANSONS FOUK HON OHBUE

Mon cœur se raleniit, obscurément Tantasque, Scion le glissement des gondoles... Le soir S'approche, souriant à demi sous un masque...

/.f'i liilbi i'hiteryoïitpt'iit hriisquanent. Ah! les luihs se sont nis!

Voici, dans le couioir.

Un bruit de soie et d'or...

Voici la DoRaresse...

L'ombre de son regsrd myslérieux m'oppresse Comme l'eau morie aux pieds rayonnants de la m

Cl KM*, la rtipptkiil à la Mile.

Voici la Dogare

La contemplation des lagunes l'oppresse.

Je redoute lii froiilciir p.ilo de sn chair Er de ^c's yu^...

. rik va ir,j /il fiiiiliy. l'imhiH Iciil ■IX rcilŒl fixés sur Vean Jii canal.

J'ai trop contemplé les hguncs.

é^asrrcus appel.., i 4 dan .L'eau morte a pris mon

Les luihs qui suppliaient, ainsi qu'un vaste appel. Les voix qui s'exaltaient, plus vives qu'une flamme. Ne font plus tressaillir le palais, telle une âme.

J'ai fait taire les luths... Le silence des eaux A plus de volupté que les sons les plus beaux...

Ah ! silence éternel ou s'eiilize mon âme!...

Oh ! ne contemplez pas les hguncs!

Dis-mui,

N'as-lu point vu, sur V-;:.u ssds cl.utùs t-l 5:1ns voiles, Un ni>5lèro d'.i/ur ,Ji d'ùtr.îrges cloïk-rr Vers la nuit, n'as-tu polni frissonné, comme moi, D'un immense désir dans un Immense effroi?

GEMUA, s'appi-ixlmit lie la feiiéirf.

Le ciel bariolé détruit ses mosaïques, 11 s'efTrite, il s'effondre...

O grave Viols, N'as-tu point frissonné, quand le soir révéla

Les verts hallucinants et les bleus magnétiques De l'eau mone, les bleus d'abîmes, et les verts S'insinuant en nous comme un songe pervers?...

Mais la stupeur de l'automne ivre!

Le couchant qui s'affirme en des clameurs de cuivre Ht qui i'cteint, plus doux qu'un musical soupirl Les murs où, comme un sphinx, le soir vient s'accroupir... Les vignes de la nuit, fiévreuses et funèbres, Où sourd confusément le vin noir des ténëbresl

Sjr un nrlimc pareil au roulis d'un bateau.

Uii 5ilence oub!iL'U\ où Joriiii.Ti1 les sanglors, Un sommeil viulet dans la pourpre des flols...

Détournez vos regards fébriles!.. .

I,A DOGARESIE.

L'eau m'appelle...

GlHMAj siipplianti.

MadonB...

Oh! vous ftes plus belle Qu'au mdiiii nuptial et bicu de S^jr^pliim

Ls harpe d'Aïrael cl le luth d'V.iofm, Où les cloches jetaient leurs l\s d'or sur Venise! La ESgareijf .miJ h-iilm:.;:!.

La lumière qui meurl à l'Occident se brise. Et le soir s'engourdit en son verger d'azur.

Au fond de ma tristesse il sommeille une joie.

UNE va[X DE ftuui, Ju dnhors.

Elle se noiel Mon Aine se débat, comme en un rcve obscur...

Comme elle, qui s'en va vers la mer, j'agonise... L'eau replie en rampant ses mille anneaux d'azw Sur celle que Rimais..,

Les lagunes l'ont prise.

Quatre Toèmes inspirés du Grec

Qfo^Tî^Ê TOÈmES IS^STl-RÊS VU CREC

Rmu ici, homicide (Lince) de boii de cornouillsr. M ne rtpinds pliu le iriiie meunte des ennemi] aulour de ion ongle d'iinin : miis, foée dius li hiuu demeuie en maibre de l'Aih^i», dis ];i buvouie du Crtuii Echdcraiidjs.

(Quittant i'air irouijL- que l^Lbouio Le glaive au\ L-cLiirs froids,

Redis au peuple la bravoure Du valeureux Cretois.

Repose en paix, à rouge Uncel Évoque, dans la somnolence De ces murs au grave silence, Les combats d'autrefois.

Dans l'ombre que l'encens parfun

Pris de l'autel serein.

Tu regrettes le sang qui fume.

Et le choc souverain; Sur la plaine où le jour s'efface.

Mélancoliquement tenace.

Tu ne dresses plus la menace De ion ongte d'airain.

k-ï, le soir fumeux attriste

Lu sanctuaire d'améthysle

El de jaspe veiné. Repose dans la ténèbre ample Et pacifique de ce temple, Où la vierge aux bras blancs conl

L'image d'Athénc.

Invisibles pipeaux charment ma solliudo.

soir voit défleurir le mcliot des prcs.

nymphes aux yeux verts, et toi, Pan au poil rude, vous offre CCS fruits que l'automne .1 dorés.

Lorsque j'ai convoité la fraîcheur des foncalnes. Etendu ïur la roche et las des longs chemins. Vous m'*vez apporté l'eau des sources lointaines, O nymphes! dans le creux frissonnant de vos mains.

Je n'ai plus redouté l'aridilé des sables, Bouclier d'or où se double l'airain du ciel.

Car l'ai bu longuement, dans vos mains pitoyables. L'eau claire qui me fut plus douce que le miel.

QUATRE POËMES INSFIRCS DU GREC ât

MI

Moi, Hermès, j'éub debout près du [itdîii ouvcii

mer blanchissinle, o^unt dus hommes fatigués une halte dans leur route : et une source pure leur voisc

Anïta de TioÉE.

Ici, dans le verger où se croisent les vents.

Près du sable blanchi par le sel et l'écume.

J'accorde le repos, loin des étés fervents,

Sur l'herbe aux frissons doux que le cerfeuil parfume.

Nui vent ne f;iit trembler les beaux pommiers fleuris, La charmante langueur du mélilot s'exhale,

U funtaine [aillil, riante et virginale.

Moi, l'Hermès dont les yeux suivent les flots d'éiain. Sur mon socle de pierre aux bords moussus, j'écoute Le chant de l'eau, plus clair que le pipeau lointain, El les pàires lassés font halte dans leur route.

QUATRS POËHtS [NSPJRet DU CREC 63

C- Ltu «1 1 Kupu=, piii=„iui: lu[ lui Bujour! cher J= voir Ji ^oii.ipem la mer hiillante, afin qu'elle puisse ^c^ardi^T une pavigilion henreu« auj piilelois i

S U R les rocs ont erré les pieds nus de Kupris. Elle aime i coniempler, du haul de U faUise, Les ondes déployant leurs violeis d'itis Dont l'immortel ennui s'exaspOri; ci s'.ipsiio. Sur les flots ont orré les pieds nus de Kupris.

Ulundo sous le jour blond que la tiecicur oppresse, Hl ri-'spirant l'iode ainsi qu'un frais parfum. La vague a reconnu la voix de U Déesse.

Son image a dompté le courroux de la nier.

Elle accorde U paix et le soleil aux voiles.

Et, souriant aux nefs de son visage clair.

Elle fait resplendir les nuits belles d'étoiles. Son image a dompté le courroux de U mer.

1 Et un arc triomphal, plein d'ocres et d'azurs. Les horizons du soir s'ouvrent larges et purs.

Quand passeraï-je, avec mes Victoires dans l'âme, Sous l'arc édifié pour celui qu'on acclame?

L'arc mémorable et vaste enferme le couchant En sa courbe pareille au rythme lier d'un chant.

éMES VICTOIRES

Quand pisterai-je, lyintsurmoi comme un bruli d'ailes Que font, dans l'air sacré, mes Victoires fidèles?

Certes, l'heure n'est point aux poètes, et moi Je n'ai que ma jeunesse et ma force et ma foi.

L'arc triomphal est là, clair parmi les nuits noires Qusnd passerai-je sous l'aile de mes Victoires?

Je le sais, — aujourd'hui cela fait moins de mal, - Je ne passerai point sous un arc triomphal.

Et je n'entendrai point la voix ivre des femmes Qui sanglotent : « Voici l'oITrande de nos âmes..

Je passerai, sans fleurs, sans lauriers, sans espoir.

Nulle ne m'attendra dans la pourpre du soir.

Résignée, et songeant aux défaites passées.

J'aurai sur moi le bruit de leurs ailes lassées...

Comme un arc triomphal plein d'ocrés et d'azurs. Les horizons du soir s'ouvrent larges et purs...

e4U7{pi{E SU-R. Lai SaE\

J'ai relevé mon front. J'ai fini de pleurer.

Mon âme est afFranchie, et ton ombre légère, Dans les nui» sans repos, ne vient plus l'effleurer.

Aujourd'hui je souris à l'aube qui nous blesse. O vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs. D'une acre odeur de sel ranimes ma faiblesse, O vent du large! emporte ï jamais les douleurs!

Emporte les douleurs lU loin, d'un grand coup d'aile. Afin que le bonheur éclate, triomphal.

Dans nos c<Eurs où l'orgueil divin se renouvella. Tournés vers le soleil, les chants et l'idéal!

Lai VÊt^US VES (AVEUGLES

Le feuillage sVcarlc L^n des plis di- ride,H]>: Devant la Vc-nus des Aveugles, noire Sous la royauté de ses lourds bandeaux.

Son lemplc a des murs d'ébère et d'ivoire D-QÙ monce lodciir monello de= ;mit=.

— Le rellel des sons Ij toulcui des b[.j.(..

Le mysTùre s, masque son visage inconnu.

Les jeux du silence et les yeux du rêve Oni seuls contemplé son front sombre et

lit le soir couché sur les nénuphars :

Car son orgueil ne veui que la ferveur du rè

Les Aveugles se sont traînés i ses genoux.

Et parfois, levant leur paupière rouge.

Semblent adorer un dieu sans courroux...

Et nul ne gémit et nulle ne bouge.

Mais, dans une extase où meurt le iiiÏT, Oix la main se tend et n'ose saisir,

Une larme a coulé de leur paupière rouge.

I i E icmple abandonne de la Venus lallne lie reeule et s'e^iompe □ trjvers les embruns,

No lourbillonne plus vers l'im^ii^o Divine.

Les roses, sur le marbre cnlii'-vrt' p.ii Itur s.ing, N'onl plus leur rouge arieur de rire et de rapine : Le souffle violent de la Vénus laiicie Ne traversera plus les soirs, en frcmissaïu.

Par les fentes d'azjr de ces murs en ruine, Jo contemple les prés, le soleil et la mer.

Les algues ont rempli de leur iode atner Le temple abandonné de la Vénus latine.

Les patientes mains du soir ont lamé d'or Los bleus italiens de la chaude colline.

Où, délaissant l'autel de la Vénus latine, Les mouettes ont pris leur lumineux essor.

De SCS veux éternels, la Déesse illumine, Comme autrefois, la terre et l'infini des flots. La mer salut; cncor de chants et de sanglots Le temple abandonné de la Vénus latine.

LES COULEURS VE Lc4 V^UIT

Sauront, mieux que les miens, intcrpreier les cieux.

J'ai vu le violet des nuits graves et douces.

Le vert des nuits de paix, la llamme des nuits rousses.

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