LES TEUX G\IS
Le cliarmt do les jeux sans couleur ni lumière Me prend étrangement : il se fait irisic et tard, Et, perdu sous le pli do ta pâle paupière, Dans l'ombre de les cils sommeille ton regard.
J'interroge longtemps tus stagnâmes priiiiclles. Elles ont k néant du soir ut de l'hiver Er des tombeaux : j'y «ois les limbes éternulles, L'infini lamenlabic et ferne de la mer.
LES É^ai UCHES
Les visages fuyants et les frêles comours S'estompent sur la toile irréelle du rêve, Ne laissant au regard qu'une vision brève Dont la diviniii; se dérobe toujours...
Car l'ébauche est la sœur fragile des ruines Qui mêleni leur haniïse et leur pâleur au soir. Evoquant la lumière ancienne d'un pouvoir Sombré dans le palais que voilent les bruines.
Et l'on sent défaillir le vouloir entravé Sous la ténuité morbide de l'esquisse...
Sa grâce fugitive, où le regret se glisse, A l'inlini du vague et de l'inachevé...
De l:i iiiiir '.\. \/ loiiibu ex Su rk;\t ju silcnt'f, Comme s'cv.inoiill li; s^iiglol d'un ji'forJ Dnns l'sir d'un soir d'étë qui moui i du Mjiiui^lt.-iiCL.- Au fond du CrL-puseulL- où ioilibTL-i;t lei cou!<.-urs, Où le monde pâlit sous les ceiidres du xb-v, Tu semblés écouter le reilus de la sève El l'avril musical qui fait chanter Ils Heurs. Le velours de la terre aux caresses mueitcs T'enserre, el sur ion front pleurent les violettes.
sua L<s4 PLoiCE TVBLIQJJE
Les nuages flottants dérouiaient leur éoliarpt'. Dans le ciel pur, de la couleur des fleurs de lin. J'étais fervente et jeune et j'avais une harpe... Le monde se parait, suave et féminin.
Gris d'écorce, verts d'eau, violets d'amarante Réjouissaient mes yeux large ouverts... J'eniend.iis Rire en moi, comme au fond d'un passé, l'.ime err.inre Et le cceur musical des pâtres irlandais.
Un matin, j'ai julvï des hommes et des femmes
Qui marchaient vers la ville aux toits bleus... J'ai quitté Pour les suivre les bois pleins d'ombres el de flammes Et l'ai porté ma harpe à travers la cité.
Tuis, j'ai chanté debout sur la place publique D'où montait une odeur de poisson desséché.
Et, dans l'enivrement do ma propre musique, Je lie percevais point la rumeur du marché.
Or je me souvenais que les arbres très sages M'avaient parlé, parmi le silence des bois... A mon entour sifflaient les âpres marchandages Mclés au?( quolibets des compères sournois.
Dans la foule criant son aigre convoitise.
Une femme me vit et me tendît la main.
Et je crus un moment qu'elle m'avait comprise.
Mais la femme aux bras nus poursuivit son chemin.
Ton visage s'incline éceniellcmeni las, El le songe fleurit à l'ombre de tes pas, Ainsi qu'une nocturne et sombre violette.
U-i psrfums all'jibl.b et le- . = :rL- décrus Kevivent dans It-s m.iins m-a transparences, Évocateur d'espoirs et vainqueur de souffrances Qui nous rends la beauté des êtres disparus.
QU'Vt^E VoiGUE L'EéMVO'RJE...
Debo p urfuth r
Qu'une vague légère et dansante l'etnporle.
Que la mer l'associe ï son profond travail Et l'entraîne à son gré, comme une chose morte. Qu'un remous le suspende aux branches de corail. Que le vouloir des vents contraires le soulive Et qu'il roule, parmi les galets, sur la grève.
Qu'il hésite et qu'il flotte, un soir, emprisonné Par la longue chevelure des algues blondes, Qjc le songe de l'eau calme lui soit donné Dans le fallacieux crépuscule des ondes...
Et que mon cœur, soumis enfin, tranquille et doux. Obéisse ,iu vouloir du vent et des remous.
la le jette à la mer, comme l'anneau des Doges,
Et qui tomba, parmi les chants et les éloges. Dans le bleu transparent, dans le vert infini... L'heure est vaste, les morts charmantes sont en elle. Et je donne mon cœ-ur à l,i mer éternelle.