‹ Chansons rouges. Musique de Marcel Legay. Illus. de SteinlenChapitre 6 sur 18 · VI . g-ne, El les bons Bour.geois de Pa · texte numérisé non relu

VI . g-ne, El les bons Bour.geois de Pa

fr ' ' ■ ^- '

is Vont te . lé. brant la si . eneui- Pressez . peu

lanl luii deux Sau.ront- ils ja . mais,

6 ma ti'eil . le, Que c'est iio . Ite sang

à loijs deux Qui rou . git leur di AUegretlo

rrr-T

ve bouleil . le? Vi.gne dis leur ce que tu

sais,.

Dis aux bu . veurs de groupe en

tS;:

grou . pe Que cha-cuii seii . i -vre à le

i bl ^' \^' ^' f) [) I

cou . pe, Hor . nus le vi . gne.ron fran.

r.hitiir, ,

cais . . Hor.

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mis le VI . gne. ron fraucais

Hor. mis le vi .gne. rou français.

Près de la Saône aux bords fleuris, Pierre Dupont chantait sa vigne ; Et les bons bourgeois de Paris Vont célébrant la vigne insigne.

Je songe, en écoutant l'un deux :

Sauront-ils jamais, ô ma treille, Que c'est notre sang à tous deux Qui rougit leur « dive bouteille »?

Vigne, dis-leur ce que tu sais !

Dis aux buveurs, de groupe en groupe.

Que chacun s'enivre à ta coupe Hormis le vigneron français !

La vigne n'avait d'ennemis Jadis que le gel et la grêle.

Aujourd'hui l'ennemi s'est mis Sous la feuille et l'écorce frêle.

Les microbes sont légion, Les invisibles sont les pires;

Et c'est toute une région

Que saccagent tous ces vampires.

Vigne, dis-leur ce que tu sais!

Dis aux buveurs, de groupe en groupe.

Que chacun s'enivre à ta coupe Hormis le vigneron français!

La feuille est rouge sans raisin.

La vigne a l'air d'une lépreuse, Plus rouge que du sarrasin.

Tant que la grive en est peureuse.

Et voici tous les noirs corbeaux Du fisc et tous les rats de cave, Qui se flisputent les lambeaux De ma vigne, sanglante épave.

Vigne, dis-leur ce que tu sais !

Dis aux buveurs de groupe en groupe Que chacun s'enivre à ta coupe Hormis le vignei'on français !

La rage eut son Pasteur. Le vin Trouvera-t-il qui le protège?

Savants, chercherez-vons on vain Remède au sinistre cortè-^e?

/iO

Par le poison, par un ciron Songez que notre pays crève !

Songez au pauvre vigneron Oui ne boit de bon vin qu'en rêve !

Vigne, dis-leur ce que tu sais !

Dis aux buveurs de groupe en groupe Que chacun s'enivre à ta coupe Hormis le vigneron français !

A Alexandre Millerand.

Un ouvrier t'hantt

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Allegretto

^IJ i'J'i'i

Le cuir ron.gé de ver.

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mi . ne, Les ■ seins ta . ris de fa .

. mi - ne, Les yeux creux comme u . ne

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mi . ne, C'est la ci , té, la ci

a tempo -

.te.

La ci 1 le rouge et mal

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sai - ne Qui re.çoil le peu ..pie, -ob.

. scè . ne Comme un é . g^out dans la

Sei - ne C'est la ci . te, la ci . tei

Le cuir rongé de vermine,

Les seins taris de famine,

Les yeux creux comme une mine,

C'est la Cité, la Cité !

La Cité rouge et malsaine.

Qui reçoit le peuple, obscène,

Comme un égout dans la Seine.

C'est la Cité, la Cité !

La Cité n'a qu'une chambre.

Fournaise jusqu'à septembre Et glacière dès novembre.

L'air pur manque à la Cité.

Pour avoir chaud, l'on s'y saoule, Pour avoir frais, l'on s'y roule Sur le pavé qui s'écroule.

L'air pur manque à la Cité.

Au matin, l'homme travaille A gagner, vaille que vaille.

De quoi dormir sur la paille :

C'est le lit de la Cité.

Un seul lit pour la famille.

Père, mère, fils et fille, L'inceste croît et fourmille :

C'est le lit de la Cité.

A dix ans, le gamin trime ;

A quinze ans, c'est pour la frime;

A vingt ans, c'est pour le crime.

Le sang coule en la Cité.

La Cité c'est la matrice.

A peine génératrice

Qu'elle est déjà corruptrice.

Le sang coule en la Cité.

Veuve alors, bête de somme, La Cité prend un autre homme, Puis un autre qu'elle assomme.

Un de moins pour la Cité !

Mais la Cité se console ; Monseigneur le Monopole Entretient la nécropole Du peuple : c'est la Cité !

A Edmond Lepelletier.

Un Meunier de Montmartre chante et le Moulin répond : AUeoTO

Sur la hau . leur, tout près des

cipux, Quand la nuit des-cend sur la

ter - re,

On voit s'al . lu-- mer les grands

yeux

Du bru.vant mou . lin de Cv -

J I h h h ; II' J' F^^

thé

re. Dis-nous pour qui tu mouds ton

grain, Mou. lin, pour qui tournent tes

leb?Mou(ls-tu l;i joie ou le clv

MouJs-tu pour Eux, mouds-tu pour

g-nn;

Allesfro Creficeiido

El le?? Mou . lui tou . ?e, mou

rou ce. Pour qui moud? - lu mou . lin

rou . g^e, Pour la morl ou pour l'a

g Mf g P g^

lour ;

. mour, Pour qui mouds-tu jus.quau j

Sur la hauteur, tout près des cieux, Quand la nuit descend sur la tefre, On voit s'allumer les grands yeux Du bruyant moulin de Cythère...

Dis-nous pour qui tu mouds ton grain.

Moulin, pour qui tournent tes ailes?

Mouds-tu la joie ou le chagrin ?

Mouds-tu pour eux? mous-tu pour elles Moulin Rouge, Moulin Rouge.

Pour qui mouds-tu. Moulin Rouge?

Pour la Mort ou pour l'Amour, Pour qui mouds-tu jusqu'au jour ?

Je mouds pour que les nains, les fous, Les déshérités, les malades Aient, moyennant quarante sous, Leur part d'amour et de ballades.

Je mouds pour que les malheureux, Les orphelins, les sans-caresses.

Aient des hivers moins rigoureux Près de leurs sœurs, les pécheresses.

Je mouds pour que les meurt-de-faim, Oubliant que leur ventre gronde, S'enivrent de rhythmes sans fin Et de visions de chair blonde.

Je mouds pour que les assassins, Eblouis, laissent passer l'heure Où les ventrus et les malsains Regagnent, tremblants, leur demeure.

Pour les ouvriers des cités.

Je mouds la danse qui console

Et qui fait croire aux libertés,

Pourvu qu'ils aient la Carmagnole.

Ils rêvent que l'Égalité

C'est\un vis-à-vis aux quadrilles,

Avec un baron bien rente.

Qui jette un peu d'or à leurs filles.

Sur la montagne des Martyrs, Je mouds le Rêve et l'Harmonie, Je mouds l'or et les repentirs, .

Le rachat par l'ignominie.

Je mouds un avenir meilleur, Je mouds pour eux; je mouds pour elles. Ayez pitié de nous, Seigneur, Par la croix rouge de mes ailes !

Moulin Rouge, .Moulin Rouge, Pour qui mouds-tu, Moulin Rouge ?

Pour la Mort ou pour l'Amour.

Pour qui mouds-tu jusqu'au jour?

.^^^^-;^^^^=^®i«v-^^^''S:^^||^*at.55i^^..^

A Jean Richepin.

Un voyou vend des nocls à la porte du Temple et chante ;

Moderato

No

No

fa

I, )ê le iiKiiidis Tu mis .lésiis lLhis

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loLi.diS' Sur nu lil (le fanije el de

pail.Ie, El les Mag^es faisaienl n . pail .le N. el, No el! 11101 je m'en Ions Qui"

•ul un f,in II .que a (leuN sous''

Noël ! Noël ! Je te maudis :

Tu mis Jésus dans un taudis.

Sur un lit de fange et de paille, Et les mages faisaient ripaille.

Noël! Noël! Moi, je m'en fous.

Qui veut un cantique à deux sous?

Noël! Noël! Les bons bourgeois Ont craché sur Jésus trois fois.

Noël, tu graissas leur salive De dindons truffés à l'olive.

Noël! Noël! Moi. je m'en fous.

Qui veut un cantique à deux sous?

Noël! Noël! Les bons docteurs, Les bons rabbins, les bons pasteurs L'ont mis sur la croix pour exemple Il les avait chassés du temple.

Noël! Noël! Moi, je m'en fous.

Qui veut un cantique à deux sous?

XOEL ROUGE

Noël ! Noël ! Les bons préfets L'ont accusé de leurs forfaits.

Publicain, juge, commissaire, Voici votre bouc émissaire!

Noël! Noël! ^loi, Je m'en fous.

Qui veut un cantique à deux sous?

Noël ! Noël ! Les bons soldats Ont pris le mot d'ordre à Judas Et percé Jésus d'une lance.

Cœur percé garde le silence !

Noël! Noël! Moi, je m'en fous.

Qui veut un cantique à deux sous?

Noël ! Noël ! Le bon voleur Seul lui donna son dernier pleur, Et tous deux moururent ensemble.

Fais, Seigneur, que je lui ressemble!

Noël! Noël! Moi, je m'en fous Qui veut un cantique à deux sous?

LA VOLEUSE

LA VOLEUSE

A Ar.nrnd Silvestre.

Vn cliemincau chanfo Moderato

V"'-l' ■• Ml' > J' I J' J

.1 ai se-ii'.e dans la ter re

f ' -1 i' ^ 1' li'i- i-^' ipJ' I

neu- ve Du lile |)Our lestmens et pour

:!tz

J'ai s

se -lue sans savoir pourquoi

Un

liai-ser sur les bords ilii fjeu . vi- Allegfretto

El \0i . (I (|u une fil. le ch.iii

ie «\iens mois .son . ner leshles do . res'

LA VOLEUSE

-^'"J J I^TTu f' ^- F IF-

Viens ciieil . lu au.\ rosiers pour . pi

Le liai .Ml il aiuoiiiMiui m enchaule!))

J'ai semé dans la terre neuve Du blé pour les miens et pour moi.

J'ai semé, sans savoir pourquoi, Un baiser sur le Jjord du fleuve.

Et voici qu'une fille chante :

(( Viens moissonner les blés dorés.

Viens cueillir aux rosiers pourpi'és Le baiser d'amour qui m'enchante! »

J"ai répondu : (( L'amour au diable !

Au diable le baiser fleuri!

Dès ce soir, il sera flétri.

Mieux vaut du pain blanc sur la table. >

68 LA VOLEUSE

Et j'ai pris ma bonne faueillo Pour couper les blés jaunissants ; Et j'ai laissé pour les passants Le baiser, l'amour et la fille.

C'est l'hiver. On frappe à porte La fille entre et me dit : « J'ai faim ! Si tu veux me donner du pain, C'est ton baiser que je t'apporte. »

Or, la fille était si jolie Qu'elle prit mon pain, tout mon bien.

Et mon baiser. Je n'ai plus rien Plus rien, plus rien que ma folie.

LES QUATRE DAMES

LES QUATRE DAMES

A Catulle Mendès.

Un criminel d'amour chante

Moderato

neu . ve, J'ai tour. né la da . nie dt

ctpur; Las! je l'ai, mai pour mon mal-

tj^ i- } J-

-heur-, El main . le -nanl mon ànie est

REFRAIN Leggiero

\eu . ve Tour . nez la Da . nie au

Mr I? r

jeu d'amour, Tour, nez la Da . jiieîA

LES QUATRE DAMES

qui le tour? Tour . nez la Da . me ai

H Mr J

jeu d'amour, Tour.nez laDameîA qui le lour?.

Du temps que mon àme était neuve, J'ai tourné la dame de cœur.

Las ! je l'aimai, pour mon malheur ; Et maintenant mon àme est veuvç.

Tournez la dame au jeu d'amour!

Tournez la dame! A qui le tour?

La dame de trèfle est passée...

Pour sertir un bijou nouveau, Elle prit l'or de mon cerveau :

Son luxe épuisa ma pensée.

Tournez la dame au jeu d'amour !

Tournez la dame! A qui le tour?

74 LES QUATRE DAMES

Dame de carreau, dame sage Me convertit, l'autre saison, Au mariage de raison :

Mon cœur est mort à l'esclavage!

Tournez la dame, au jeu d'amour î Tournez la dame ! A qui le tour?

La dame de pique est sortie :

C'est le jeu, le crime et le vol.

Puis l'on vous échancre le col ; Et c'est la fin de la partie !

Tournez la dame, au jeu d'amour !

Tournez la dame ! A qui le tour?

Allez, maîtresses souveraines.

Semez l'amour et les remords !

Sautez, valets ! Les rois sont morts.

Sautez pour amuser les reines !

Tournez la dame au jeu d'amour!

Tournez la dame ! A qui le tour ?

A la mémoire de Jules Jouy.

Uu chansonnier chante Moderato

fr?.'-'-p^^ f\y p Ji'j-ji

Il s'est tu, le li.hre clian.

Alleofretto

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-leur, Ce . lui qui cla.nïait la vie

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toi . re Du peuple et l'hé-ro - 'ique his.

n. j- y^ .l' liTm

- toi . re Du sa.cri.— fice ex-pi .

- toi^ . re El l'A.ve. n

ir re. no . va

leur, Au lit de la dé.ses.pe

M g Mp F

ran - ce, Un soir, vain, eu par la souf.

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fran - ce, Il s'est cou.chélViens dé. li

J . JM pi p ^ J-' ^

vran - ce! Il s'est lu, le li.bre chanteur.

Il s'est tu le pauvre chanteur, Celui qui clamait la victoire Du peuple et l'héroïque histoire Du sacrifice expiatoire, Et l'avenir rénovateur.

Au lit de la désespérance, Un soir, vaincu par la souffrance, Il s'est couché. Viens, délivrance !

Il s'est tu, le pauvre chanteur.

Donnez pour le pauvre chanteur, Vous qu'il consolait, vous, les mères, Menant loin des douleurs amères, Au palais d'azur des chimères.

L'enfant, votre espoir enchanteur !

Femme, sois douce et sois clémente Au poète qui se lamente Loin de l'amour et de l'amante!

Donnez pour le pauvre chanteur !

Priez pour le pauvre chanteur, 0 vous, troupeau des rabat-joies.

Chair à canon, chair qui rougeoies.

Chair à plaisir, rançon des joies, Vous qu'il vengea de l'insulteur !

Votre douleur, toujours nouvelle.

Faucha si longtemps sa cervelle ^ Qu'elle gît, stérile javelle !

Priez pour le pauvre chanteur !

Chantez pour le pauvre chanteur !

Et qu'à votre voix, jeunes filles, Du bagne affreux tombent les grilles !

Que son esprit, sous les charmilles'.

Revienne au chant libérateur !

Suffit qu'un refrain lui sourie :

L'exilé revoit sa patrie ; Allez, ô blonde théorie !

Chantez pour le pauvre chanteur !

Pitié pour le pauvre chanteur !

Seigneur qui nous dictes nos rimes, Seigneur de bonté qui n'opprimes Que les méchants fauteurs de crimes, Seigneur de l'esprit créateur !

Au chansonnier dans l'indigence.

Verse tes trésors d'indulgence.

Ressuscite l'intelligence !

Pitié pour le pauvre chanteur!

1. Cette pièce fut composée et récitée par l'auteur à l'occasion de la représentation donnée, au printemps de d896, par les poètes-chansonniers au bénéfice du pauvre Jules Jouy, que la cruelle maladie, à laquelle il devait succomber, retenait alors captif dans une maison de santé de Picpus.

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