‹ Chansons rouges. Musique de Marcel Legay. Illus. de SteinlenChapitre 5 sur 18 · LA CHANSOX DE L'AIGUILLE · texte numérisé non relu

LA CHANSOX DE L'AIGUILLE

(d'après Thomas Hood.)

A Sully - Prudhomme .

Une fille du peuple chante Moderato

«Cours, mon ai. guil . le, dans la

lai . ne! » Dit To . pe . ra

Cours! il me faut des bas de lai . ne:

Qui les-pai . ra?-

Cours, mon ai

.guil. le, fi . le, fi . le, Aux jours d e.xil! 1

<f''-r TFir f r^rir-^'J-J^i'Hi

Cours,voi.ci quenia san.le file Avecmon -fil.

LA CHANSON DE l'aIGUILLE 2o

« Cours, mon aiguille, dans la laine! »

Dit l'opéra.

Cours ! Il me faut des bas de laine.

Qui les paîra?

Cours, mon aiguille, file, file!

Yoici l'exil.

Cours, voici que ma santé file

Avec mon fil !

Mon cerveau vide a le vertige :

Toujours trimer!

Mon cœur plus vide a le vertige :

Jamais aimer!

Xi ciel, ni pain ! Jours et nuitées,

L'aiguille avant !

Tomber de sommeil aux nuitées,

Coudre en rêvant !

Je couds à certains mariages

Des dessus clairs.

Je couds à d'autres mariages

Des dessous chers.

Je couds deux chagrins pour doublure

Au bonheur seul.

Je couds aux berceaux pour doublure

Un grand linceul.

26 LA CHANSON DE l' AIGUILLE

Mes doigts piqués de taches rouges,

Mes doigts meurtris !

Mes yeux gonflés de veines rouges.

Mes yeux flétris !

Mes bras et mes poignets débiles,

Au bout de l'an ; Mon ventre creux, mes reins débiles,

C'est le bilan !

Hommes, près de vos sœurs chéries.

Songez à nous !

Songez près des femmes chéries,

Souvenez-vous !

Ce ne sont pas nos toiles blanches

Que vous usez :

C'est notre vie, en ses nuits blanches.

Que vous brisez 1

Cours, mon aiguille, file, file

Le drap des morts !

Au cœur de? hommes file, file

Tous les remords ! Dieu, se peut-il que le pain vaille

Si cher, si cher!

Et que cependant si peu vaille

Mon santr. ma chair!

LA FORÊT ROUGE

LA FORÊT ROIGE

A Henry Bauêr.

T"ii serf chante

Moderato AUesrrelto

J ai traversé la fo . rèt

ff=fF

r tr F J

hian . (ht", La lo . rèt <le tous les mal

heurs; Cha. que arbre é. tait u.ne a . va .

lan - che De nei-s;e et de blan -ches dou -

. If'urs! Mais voi . ci que la nei .g:e

ttp F

bou . ge! Voi . ci des flots de sangdaiis

LA FORET ROUGE

é^r t^' ' II'

ges! C'est un ruis Allegretto

. seau de iiei - §:e rou . ge, Le sang de

fc

tous les serfs par la nieute e . gor . ges

J'ai traversé la l'orét blanche, La forêt de tous les malheurs.

Chaque arbre était une avalanche De neige et de blanches douleurs.

Mais voici que la neige bouge,

Voici des flots de sang dans la neige figés C'est un ruisseau de neige rouge,

Le sang de tous les serfs par la meute égorgés.

Ailleurs la neige devient boue, La neige ici devient frisson.

Sous l'àpre vent qui la secoue, La forêt clame sa chanson :

32 LA FORÊT ROUGE

« Combien de serfs, autrefois libres, Dans la gueule des chiens, traqués parles chasseurs,

Ont laissé leur cœur et leurs fibres, Leur droit de vivre en paix sans tyransoppresseurs!»

Et voilà, sous le plus grand chêne.

Combien de cadavres pendus !

Leurs pieds sont rivés d'une chaîne, Et leurs seins gauches sont fendus. La neige en vain les couvre blanche :

Quelque chose de rouge apparaît sur leurs corpi^ Les corbeaux chantent sur la branche,

Les corbeaux de la loi qui vivent sur les morts.

Arrière, meute sacrilège !

Chiens, respectez les blancs tombeaux !

Vous léchez le sang dans la neige.

Vous fouillez les cœurs, noirs corbeaux !

Mais voici que l'ouragan passe, Voici les oppresseurs en victimes changés !

A travers le temps et l'espace, Voici les droits des morts par l'ouragan vengés !

"^-pl^-Jil^.^,^

Au Bon Vigneron Charles Paris Un viirnci'on chante :

Moderato

Prés de la Saôneaux hords Clfa

lanlait ^a a

.rih, Pier. re Du - pont ch

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