‹ Chansons rouges. Musique de Marcel Legay. Illus. de SteinlenChapitre 9 sur 18 · I - ci Ton · texte numérisé non relu

I - ci Ton

dan - st^ el Ton se gri . se. Est - ce

vrai, la Bas . til . le pri . se?

pj r r p

Pè - re, dis- moi la ve .ri . lé L

Père, à l'École on nous raconte, — C'est dans un beau livre tout neuf, — Que le peuple, en quatre-vingt-neuf, A pris la Bastille. Est-ce un conte?

(( Égalité ! Fraternité !

Ici l'on danse et l'on se grise ! »

Est-ce vrai, la Bastille prise?

Père, dis-moi la vérité !

Si les hommes sont égaux, père.

Pourquoi, fils d'ouvriers suspect, Dois-je l'hommage et le respect Au chien de ton propriétaire ?

Si c'est pour telle égalité Que l'e peuple danse et se grise, Non, la Bastille n'est pas prise.

Père, dis-moi la vérité !

Pourquoi, si les hommes sont frères, Pourquoi voit-on tant de patrons Si durs aux pauvres tâcherons ?

Pourquoi voit-on tant de misères?

Si c'est pour la fraternité Que le peuple danse et se grise, Non, la Bastille n'est pas prise.

Père, dis-moi la vérité !

Enfin si la liberté règne,

Quand vient l'aurore du scrutin,

Pourquoi cacher ton bulletin?

Quand on a droit, faut-il qu'on craigne?

Si c'est pour cette liberté

Que le peuple danse et se grise.

Non, la Bastille n'est pas prise.

Père, dis-moi la vérité ! —

Mon fils, ce que tu veux apprendre

Par ton cœur te sera dicté.

Pour délivrer l'humanité,

Il reste une Bastille à prendre :

C'est la Bastille de la faim,

C'est la loi de fer qui nous brise.

Pour que le Droit se réalise

Il faut que tout homme ait son pain.

A la mémoire 'd'Auguste Burcleau.

Un labourour chante :

Loiire

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