‹ Chansons satiriques et bachiques du 13è siècle. ÉditéesChapitre 8 sur 139 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Les Genres. — Les pièces qui forment notre premier groupe (contre le siècle) contiennent surtout des plaintes très générales sur la corruption du temps, la décadence de Largesse, Courtoisie, etc., plaintes fort analogues à celles qui remplissent, dès le xiie siècle, les œuvres de nombreux troubadours. Dans la pièce III les vertus et les vices sont personnifiés et leur lutte revêt l'aspect d'un véritable « tournoiement ». La pièce II est une brève revue des « états du monde », thème déjà exploité dans de nombreux poèmes latins et français (notamment le Liireâes Manières Qt\c Kotnun de Caritè). La pièce II, à en juger d'après le refrain ' , est surtout dirigée contre les gens de cour, qui ne savent opposer que l'indifférence et le mutisme à ceux qui sollicitent leur générosité. Les reproches sont un peu plus précis dans les pièces I et IV, que l'identité delà forme strophique, l'analogie du style et des idées exprimées nous déterminent à attribuer au même auteur (la seconde est anonyme) : le principal grief de Jacques de Cisoing contre les hauts barons, c'est de ne considérer, dans le choix des chevaliers dont ils s'entourent, que les gages qu'ils exigent, de préférer aux meilleurs les « moins coûteux » (I, 17- 24) et surtout d'écouter non les conseils des bons chevaliers, mais ceux des vilains, surtout de certains vilains enrichis (I, 25 ss., IV, 25 ss.). L'allusion du v. 32 (n^ I) paraît se rapporter au désastre de Mansourah (février 1250) dont il est pourtant bien évident que les « vilains pautoniers » n'étaient pas responsables -'.

Dans la deuxième section {contre le clergé, etc.) la pièce la plus intéressante (avec la « chanson des ordres » de Rutebeuf) est notre no VI, une des plus virulentes invectives qui aient été ful-

1. Le sens de ce refrain nous paraît être : « Chantez, vous qui venez des cours, pour les sourds dont elles sont peuplées, cette sourder te », c'està-dire cette pièce, qui raille leur surdité. De même Aimeric de Pegulhan appelle inetgia la pièce où il célèbre un metge (médecin) symbolique (cf. Romania, XLIII, 589).

2. Le comte de Flandres nommé au v. 41 doit être Gui de Dampierrc qui ne porta officiellement ce titre qu'après avoir fait hommage au roi de France (févr. i2>2). Il est connu par ailleurs comme protecteur de la poésie : il fut célébré par Adenet le Roi, et Perrin d'Angecourt lui dédia une chanson (voy. Steffens, Die IJeder des Trovron Prrnn voti Angicourt, p. 35 et 207).

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