‹ Chansons satiriques et bachiques du 13è siècle. ÉditéesChapitre 7 sur 139 · SUJETS IX · texte numérisé non relu

SUJETS IX

Les Sujets. — Il ne faut pas s'étonner que de tous nos poètes lyriques en langue d'oïl aucun ne puisse être mis en parallèle avec un Peire Cardinal ou un Guilhem Figueira. La veine satirique en effet avait trouvé, au Nord de la France, des formes appropriées à son objet, où elle coulait à pleins bords ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle s'est épanchée, comme elle le faisait au Midi, dans celles que la poésie courtoise avait créées pour un autre usage.

Il nous a semblé utile de rassembler ici les pièces, — très dispersées, pour la plupart anonymes, risquant, par conséquent, de rester longtemps négligées, — où s'est réalisée cette association de l'esprit satirique et de la forme lyrique. Nous ne les donnerons même pas toutes, ayant dû écarter celles qui sont relatives à des événements ou personnages déterminés, c'est-à-dire précisément les plus intéressantes : il a paru naturel en effet de les réserver pour un autre recueil spécialement composé de pièces historiques ',

Toutes celles que l'on trouvera ci-dessous relèvent donc de la satire générale. Il est presque impossible, les auteurs passant très brusquement d'un sujet à un autre, de les ranger sous des rubriques parfaitement exactes ; nous espérons donc que le lecteur voudra bien excuser ce qu'il y a d'un peu flottant dans nos cadres. Quelques pièces même, nous le savons, y rentrent à peine : les nos XVI et XXI par exemple sont plutôt des réflexions sur l'amour que des satires de l'amour ; mais comme des réflexions analogues se trouvent dans des pièces nettement satiriques, nous les avons admises comme objets de comparaison. Le no XVIII est plutôt comique que satirique : c'est une ballette, composée sur une des formes les plus élémentaires de la chanson de danse, faite pour être chantée, et sans doute mimée, par deux personnages, dont l'un représente l'amoureux éconduit (coupl. i), l'autre l'amant heureux 2.

1. Le recueil bien connu de Le Roux de Lincy (1841) a précisément cet objet ; mais il serait grandement utile d'en donner une réédition améliorée ; ce travail est en préparation en ce qui concerne le xiii' siècle.

2. Nous avons une chanson pieuse (R. 67, dans Jârnstrôm, Recueil de chansons pieuses, 1, p. 59) de même forme, avec refrain sur mêmes rimes, qui est imitée soit de cette pièce même, soit de son modèle.

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