‹ Chansons tendres. Préf., couverture, aquarelles et dessins hors texteChapitre 7 sur 19 · IS · texte numérisé non relu

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La Tristesse des Lèvres

Je sais des lèvres qui sont tristes De n'avoir pas encor vibré En ut, en sol, ou bien en ré, Sous l'archet des baisers artistes •

Dans l'amour ou dans le plaisir Elles voudraient faire les preuves.

Et leur tristesse est un désir :

Celles-là sont les lèvres neuves.

D'autres sont tristement hautaines Comme des Princesses d'exil ; D'autres ont le charme subtil Et las des douleurs incertaines ; Leur sourire pâle et distrait Evoque d'anciennes épreuves, Et leur tristesse est un regret :

Celles-là sont les lèvres veuves.

Veuves déjà, neuves encore

Et tristes ainsi doublement,

Vos lèvres dont le rire ment

Ont pris mon cœur qui les adore ;

Je n'aime ni vos cheveux fous,

Ni vos traits aux finesses mièvres,

Ni vos yeux clairs... Je n'aime en vous

Que la tristesse de vos lèvres !...

Valet de Cœur

Léon Durocher.

Valet de Cœur

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Cœur. Arauuieux curaaii- un ta p! tai

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Valet de Cœur

Un jour, le beau \^alet de Cœur, Amoureux comme un capitaine, Présente à la reine une ileur Cueillie au bord de la fontaine ; La Dame au sourire vermeil Réclame, d'une voix câline, Un rubis semblable au soleil Qui meurt au front de la colline.

Valet de Cœur saute à cheval Pour conquérir celle qu'il aime...

Quelqu'un s'avance par le val :

C'est le Roi de Carreau lui-même « Il te faut rebrousser chemin, Dit le Roi dont l'œil étincelle ; Sinon tu péris de ma main, Et tu ne verras plus ta belle... »

Valet de Cœur sans trop d'effroi Répond : « Je bénis l'aventure ! »

Et pour bondir contre le Roi Pique les flancs de sa monture. La Dame au loin sur le rempart Peut contempler un choc superbe.

Soudain, percé de part en part, Valet de Cœur roule dans l'herbe.

Un bleu ramier, fouillant du bec La plaie, au soir pourpré pareille.

Vers le château s'envole avec Une goutte claire, vermeille.

La Reine à son balcon reçoit Le sang qui luit comme une pierre, Et met le rubis à son doigt...

Tout en essuyant sa paupière.

Les Trois Ages

de r Amour

POESIE DE

E.-P. Lafargue.

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J ai dix-sfpt aii>, elle.tu a tien le,

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El

l'a -do le fomrae un

fou.

La lt iiii- dans. mes bras mou , lan . te.

J ai dix-st-pl ans, elle en a lien . te.

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Et rooD a mour d.or giie

gueil s'aug-men te

^ /Vins lent.

V Tôt. r.'û,^* <4'.il lu mit, iù cCil"c#Aiit l'ai rli'-«r c cr,» o r,

Car c'e!^t d elJe que je sais tout,

J'ai dix-septans

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elle en a trente. Et je. l'ado.. le coratneun-fûu!

Les Trois Ages de TAmour

ym dix-sept ans, elle en a trente^ Et je l'adore comme un fou 1 La tenir dans mes bras mourante, J'ai dix-sept ans, elle en a trente... Et mon amour d'orgueil s'augmente.

Car c'est d'elle que je sais tout.

J'ai dix-sept ans, elle en a trente, Et je l'adore comme un fou 1

Elle a vingt ans, moi j'en ai trente.

Et je l'adore comme un fou I Doux éveil de vierge ignorante.

Elle a vingt ans, moi j'en ai trente..,

Et sa pudeur peu tolérante Rougit d'un baiser dans le cou.

Elle a vingt ans, moi j'en ai trente, Et je l'adore comme un fou !

Elle a seize ans. j'en ai soixante, Et je l'adore comme un fou!

C'est une torture incessante...

Elle a seize ans, j'en ai soixante.

J'appelle en vain son âme absente, Tout bégayant à ses genoux.

Elle a seize ans, j'en ai soixante, Et je l'adore comme un fou !

A C II loris

Léo/7 Durocher.

A Chloris

Allecrietiu.

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A Chloris

Belle Chloris dont l'œil mutin Semble percer chaque matin

La brume rose, Pour aborder votre château, Sur un tendre et frêle bateau

Mon cœur s'expose.

Des soucis jonchent le tillac Du bateau bleu qui fend le lac

D'Indifférence ; Les fils vermeils du jour levant Forment sa voile ouverte au vent

De l'Espérance.

Si déchainc par votre orgueil, L'orage contre un morne écucil

Brise mon rêve, Marin que l'onde jettera, Mon cœur à vos pieds rougira

L'or de la orréve.

Enterrez-le parmi les fleurs,

Les fleurs que baise l'aube en pleurs

Sous le ciel rose :

Pour que, bercé par les grands bois Et par le son de votre voix,

Mon cœur repose!

Tu m' apparus

POKSIE DE

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