‹ Chansons vécuesChapitre 25 sur 45 · TEMPETE · texte numérisé non relu

TEMPETE

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Tempête

La mer en fureur gronde sourdement ; Le vent irrité siffle, hurle, pleure!

Seule à dédaigner ce déchaînement, La masse des rocs, impassiblement, Résiste au courroux de chaque élément Et fait reculer le flot qui l'effleure.

Le jour se revêt des langueurs du soir, L'horizon se meurt au fond des ténèbres, Et du ciel voilé d'un suaire noir, Des trombes d'horreur et de désespoir, Dans un tourbillon, sur la mer vont choir Et se déchirer en sanglots funèbres.

Ce spectacle est grand, imposant et beau ! Mais t'attriste-t-il, ô ma bien-aimée, Ce majestueux et sombre tableau, Que, silencieuse en face de l'eau.

Tu semblés rêver au bord d'un tombeau Et pleurer une âme à l'amour fermée ?

Tu songes qu'un jour la voix des Autans Troublera nos cœurs et nos destinées, (La vie et le cœur ont leurs ouragans...) Et que les malheurs viendront en tyrans, (La vie et le cœur ont flux et jusants...) Heurter de leurs flots nos belles années.

Mignonne, oublions, au sein du plaisir, Qu'un jour les chagrins fondront sur nos têtes. Le présent est doux, sachons en jouir.

Voyons sans efl"roi poindre l'avenir :

Nos cœurs, que l'amour a pu réunir, Sauront défier toutes les tempêtes !

Publiée avec lautorisation de M. DIGOUDE-DIODET, éditeur de musique, 3q, faubourg Saint-Martin, Paris.

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