‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 114 sur 167 · SONNET CLXX · texte numérisé non relu

SONNET CLXX

Tout homme n'est pas né pour les sentiers faciles, Pour le monde de l'homme à tous les pieds ouvert Il en est que Dieu fit pour rester au désert, Qui n'aiment que l'air libre et les terres stériles.

Comme l'àne sauvage, ils méprisent les villes. Le torrent les abreuve, et les bois au toit vert Sont, avec le ciel vif, leur unique couvert. L'ombre d'un joug répugne à l^urs fronts indociles.

Arrêtés tout le jour sur le sommet d'un mont, Us ruminent en paix leur tristesse farouche. Et les hommes de loin demandent ce qu'ils font;

Mais le Seigneur a dit ; Malheur à qui les touche !

Leur exil m'appartient, inutile ou fécond,,

Et c'est moi qui du mors ai délivré leur bouche.

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