‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 128 sur 167 · SONNET CCI · texte numérisé non relu

SONNET CCI

Fleurs, plaisir du printemps, oh! que vous étiez belles, En mes jours d'espérance et d'ingénuités ! Quelles douces couleurs, quelles grâces nouvelles Vous révéliez sans cesse h mes sens incités!

Comme vous répondiez à mes regards fidèles, (0 souvenirs charmants, parfums et voluptés! ) Et je lisais alors, du fond de mes prunelles, Les mots mystérieux qu'en vos seins vous portez.

Maintenant, devant vous mon âme se retire: Vos calices sont clos ou n'ont rien à me dire; Votre amour est banal, votre éclat ennuyeux.

Vous ne me semblez plus que des images blêmes. Sans puissance, sans vie, et l'ombre de vous-mêmes: Pour vous revoir il faut que je ferme les yeux.

SONNET CCll.

L'olivier qui .s'abrite au pied de la colline Voit, sous ses bras heureux, fleurir ses rejetons, ils croissent, enlacés de rapides lestons. Au milieu des parfums de fraise et d'églantine ;

Mais le triste mélèze, inféconde racine. Mais le sapin sauvage, aux fondements profonds. De pampres caressants couronnent-ils leurs fronts 1 Ils n'ombragent partout qu'une glèbe chagrine.

l/hiver les défigure et courbe leurs rameaux, Kt leur fardeau jamais ne les laisse en repos. Aux tourbillons du nord ils livrent leur semence :

1/ouragan la disperse, et les fils qu'ils auront, (Grandissant au hasard dans la forêt immense. Au sein d'un double exil comme eux habiteront.

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