‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 137 sur 167 · SONNET CCXVII · texte numérisé non relu

SONNET CCXVII

Ne dites pas : J'irai, car s'abstenir est vain, Parmi les t'ennnes étrangères, Cherchant des heures plus légères,

M'asseoir, et, sans chercher nul perfide levaij),

M'accouder à leur table et goûter de leur vin.

Leurs paroles sont mensongères;

Mais de leurs douceurs passagères La chair ne redit rien à son tyran divin.

Ne dites pas cela ; car vous perdez votre amc. De ces charmants loisirs Timperceptible trame Peut vous barrer l'éternité.

Snns l'incarner en soi jamais l'honune n'évoque

Le démon de la volupti".

Li prosliluliou toujours est réciproque.

SONNET CCXVIII.

Si le monde à vos yeux n'offre plus que ruines. Dont jusqu'à votre esprit serpente le chaos, Retournez-vous alors, pour trouver le repos, Vers le monde de Fordre et des œuvres divines.

Étudiez les bois, les ondes, vastes mines Dont jamais on n'aura sondé tous les travaux : r.ar le souffle de Dieu plane encor sur les eaux. Allez dans les vallons ; allez sur les collines.

Ne fermez pas vos yeux quand vous baissez le front. Regardez le brin d'herbe ou bien le moucheron : Chaque atome vivant réfléchit la lumière...

Et, de là rassemblant le faisceau protecteur, Avec Linnée on voit, ainsi que par derrière, Dans le jour qui se fait, passer le Créateur.

Page 1