‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 146 sur 167 · SONNET CCXXXV · texte numérisé non relu

SONNET CCXXXV

Ainsi, dans sa rigueur, j'accomplirai mon vœu : J'aurai banni de moi tous germes inlidèles. Hélas, je suis sorti du sang d'hommes rebelles. Rebelles à César et rebelles à Dieu;

Mais mon père déjà, dans la Vendée en feu. Retrouvant du devoir les routes fraternelles. C'est par là que mon àme aux clartés éternelles S'éleva, regagnée à l'antique milieu.

Nous avons reconquis notre double allégeance, Et, fier de ce fardeau, j'en aime Texigence. A l'honneur de ma foi je ne veux point faillir.

Debout pour tout le reste, un homme peut, j'espère.

Devant le monde entier baiser, sans s'avilir,

La main du roi son maître et les pieds du saint-père.

SONNET CCXXXVI,

Ils ont tout renversé, jusqu'à cet édifice Dont au tombeau du Christ l'angle s'affermissait. Ordre trois fois sacré qu'à la France unissait Le plus glorieux sang de sa noble milice !

Malte, Rhodes, Saint-Jean ! Pour ce long sacrifice, Ouand tombait un autel^un autre surgissait. Et l'Europe sauvée au large applaudissait, puis des païens un jour elle devint- complice.

Mânes des l'Isle-Adam, Lavalette, Aubusson, Vous n'êtes plus chez vous, et de votre maison Ees courtiers d'Angleterre ont saisi l'héritage.

0 gloire, on a proscrit pour un tel n'sultat

Cette religion où, d'un si beau courage.

On allait au marhro on marfhaut au combat !

SONNKT CCXXXVll.

De Tespérance enfin s'est tari le calice. En sens-tu le métal à ta lèvre adhérer? An désir qui persiste et voudrait t'égarer Ton dme imposera sa fierté pour tutrice.

En vain la chair frémit devant le sacrifice; Toi-même, sans chercher pour elle à différer. Dans ton isolement il vaut mieux te cloîtrer, Et que dans sa rigueur Tépreuve s'accomplisse :

Non pas que ce labeur où Thomme est obligé. Ce grand mot de travail ne soit qu'un préjugé; Mais l'un sarcle son âme et l'autre son vignoble.

Puisque dans cette vie il faut avoir un but, Gentilhomme et chrétien, c'en est un assez noble De garder son blason et faire son salut.

SONNET CGXXXVin.

On l'a dit, et plus d'un le doit redire encore : Heureux celui qui met ses amours au tombeau, Et qui, dans le cercueil, pour jamais voit enclore Tout ce qu'à ses regards la terre ollïit de beau!

Heureux, dans leur exil, Dante et l'amant de Eaure! '

De bonne heure leurs pieds quittèrent l'escabeau ; :

Le trépas est venu, comme une blanche aurore, '

En étoile changer Wur terrestre flambeau.

0 glorieux preneurs de la pensée unique, I

Votre flamme par là, réelle et synjbolique, i

N'a j)oint subi l'hiver du désenchantement. ;

Des célestes rayons vous laissant l'alliance,

Jamais, dans son creuset, l'acerlte expérience

N'a fait d«' votre npur noircir Ir diamant. i

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