‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 15 sur 167 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

Blanche, luysante, exquise, printanierro.

Devers les prez cncourtinez de fleurs, Sy se despart la pastorelle Pierre Qui m'a fercu de griefves douleurs, Et de ma face a tolleu les couleurs.

Je (cependant) que son euil embarrasse, A nion soulaz ne peulx suyvre sa trace ; Force m'est-il que me tiengne à recoy, Pryant ainssy : Puis qu'estes en sa grâce, Fleurs aux doulx yeux, regardez-la [)()ur mov.

De la forest elle suyt la lizierre.

Fez le taillizet les buissons chanteurs. Et lui soubrit voyi' l'avelte ouxricrre, <Uiyr aussy des couples picoreurs

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Le glay joyeulx et sciiiblaliles rumeurs. Je m'esbahy qu'aux rayons de sa t\ice Chascuue voix ne s'esteingne el défiasse : Si fayt la mienne, et j'en sçay le pourquoy. En son lionneur présentement m'elîace.

Ryants oiseauh. saluez-la pour moy.

Puis soubz la lune, en la ronde clerierre Elle desvalle avec ses jeunes sœuis, Dancer parmy verte mousse et hruyerre : Une est l'esprit d'armonie et doulceurs : Une autre soingne aux magiques lueurs.

Là ce que j'aime a prins la haulte place. Sans nul murmure à sa gentille audace.

Son nom royal Ton devine, je croy.

Vous dont la cour comme royne l'embrasse, Hardis esprits, invocpiez-la pour moy.

Dame, sera y, quanc^ue chose se fasse, Vostre servant et lige sans fallace ; Ains me veuillez lyer à vostre arroy.

Et, sur cela qu'humblement je pourchasse. Anges bénins, inspirez-la pour moy.

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