SONNET CCLXXIX. I
Rien n'est fidèle et sûr en nos tristes demeures :
La vertu la plus rare a subi des retours;
L'esprit le mieux trempé parfois crie au secours. ;
Et, comme le vaillant, le poëte a ses heures. ;
Vainement il aspire à des luttes meilleures : !
H est de chair et d'os, et ne peut pas toujours Abréger à soh gré de pénibles séjours, Ni fermer son oreille aux voix extérieures.
Rien d'humain ne saurait lui rester étranger :
A la froide analyse il peut ainsi songer ;
Déposant le flambeau pour manier l'argile, i
Il peut, sans faire injure aux maîtres invoqués,
Émettre incidemment quelque remarque utile i
Et des secrets plutôt connus que pratiqués.
RHYTHME XXXIl. j
TRADICTIOX DL PSAUME 44.
Mon cœur lance en éclats la joyeuse parole : J'ai dit, et c'est au Roi que s'adressent mes chants ; Et ma langue inspirée est la plume qui vole. Rapide, comme aux mains des scribes vigilants.
Vous êtes le plus beau d'entre les fils des hommes ; I
La grâce se répand de vos lèvres à flots :
C'est pourquoi, danslescieuxetle monde oùnoussommes,
Dans les temps, à jamais Dieu bénit vos travaux.
0 très-puissant, ceignez votre cuisse du glaive; i
Revêtez-vous de gloire et de votre beauté. i
Régnez, tendez votre arc ; que votre bras s'élève : !
Vous n'êtes que douceur, justice et vérité. |
Votre droite est vaillante et féconde en merveilles; Vous frapperez au cœur les ennemis du Roi ; Et les peuples tremblants, sous vos flèches vermeilles, A vos pieds glorieux courberont leur effroi.
0 Dieu, vous garderez votre trône immuable ; Le sceptre est dans vos mains la verge d'équité. Vous aimez la justice, et, d'un front redoutable, Vous avez loin de vous chassé l'iniquité.
C'est pourquoi votre Dieu, de Thuile de sa joie, 0 Dieu, vous a sacré, plus grand que les plus grands. Ambre, myrrhe, aloès embaument votre voie. Dans vos palais d'ivoire et sur vos vêtements.
Et les filles des rois, pour délecter votre âme. Préparent à l'envi ces parfums glorieux. La Reine, en robe d'or dont rayonne la trame. Debout à votre droite, éblouit tous les yeux.
0 ma fille, écoutez; voyez; prêtez Toreille : Oubliez votre peuple, et, pour un autre amour. Lorsque s'ouvrent vos yeux et votre cœur s'éveille, Oubliez votre père et l'antique séjour.
Le Roi désirera votre beauté splendide ; Prosternez-vous : il est le Seigneur votre Dieu. Et les filles de Tyr, d'une offrande timide, Viendront, avec les grands, rechercher votre aveu .
La gloire et les beautés de la vierge royale Procèdent de son âme, et s'augmentent encîor Sous le manteau brodé, parure nuptiale.
Dont brillent les couleurs parmi les franges d'or.
Des vierges après elle au Roi sont amenées; Elle guide leurs pas et vous les offrira. Et parmi les transports, les chimeurs fortunées, Diuis le temple royal on les introduira.
il vous est né des lils en [dace de vos pères; Vous les établirez princes des nations^ Pour garder votre règne et votre nom prospères Dans tout renchaînement des
0 Reine, et c'est pourquoi les siècles ni les âges
Sur votre souvenir jamais ne prévaudront ;
Mais dans Téternité d'universels hommages ;
Monteront à vos pieds et vous glorifieront. i
RHYTHME XXXIV. l