RHYTHME III
Pieça suis en doubtance Si je ne Tame point:
Hien sçay-je qu'à distance Son soubvenir me poingt;
Ains, prez d'elle seulette.
Que voise m'alaizer, Ma flamme nouvelette Guigne de s apaizer.
J'ay sa main blanche et peinte De roze aux doigts menuz Aucunes fois estreinte.
Nue entre mes doigts nuz.
Content de n'avoir oncques Irrité ses yeuK fiers.
Pour ma chevancc adoncques Aultre adveu ne re([uiers.
Si sçay-je que grand' erre On layt, par troj) ozer, Fuyr l'oysel de terre Comme il songe y i)ozei'.
0 bel oysel celique
Ne t'eiïarouclie tant, Ou ton vol aug('li(iuc M'enlève en icparlaul !
SONNET WIl.
Non, je n'avais jamais lèvé rien de pareil A ce bijou charmant qui fait votre personne : Chair d'opale, cheveux dont l'or blême frissonne Et se poudre d'argent sous les rais du soleil,
Couleurs comme l'aurore en offre à son réveil, Regards céruléens ; et tout cela foisonne D'une santé si jeune, et si clair se façonne, Que l'air, en y touchant, prend un reflet vermeil.
Aussi je ne crois point que l'humaine nature Puisse vous réclamer, ô belle créature.
Trop riante pour être un Séraphin tombé.
On vous prendrait plutôt pour une nymphe édose Du gracieux hymen d'un lis et d'une rose. Et nourrie aux baisers de la i)londe Phœbé.