‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 18 sur 167 · SONNET XXIII · texte numérisé non relu

SONNET XXIII

A M. LE M'^ A. DE RELLOV.

Quand l'hiver, promulguant son funèbre anathème. Meurtrit la capucine et durcit les gazons. Et que Phœbus se cloître aux lointaines maisons, 0 du dernier amour mélancolique eml)lème.

Fleur qui souffres toujours, vivace chrysanthème,

Ce n'est pas au vieillard éprouvé des saisons

Que ta lèvre gercée apporte ses frissons.

Ce n'est point l'être froid qui te cherche et qui t'aime

Mais une belle, honneur des rivages toscans. Mais un poëte jeune et plein de beaux élans Au foyer de leurs cœurs te gardaient un asile.

Et moi qui les connais, je veux, à cause d'eux, Par sympathie aussi, que ma muse docile De tes amers parfums imprègne ses cheveux.

SONNET WIV.

Sur son roclior fatal quand l'aiglo solitaire A rapporté sa chasse, il se gorge de sang; Puis, dispersant les os à Tentour de son aire, Par trois fois il élève un cri rauque et puissant.

L'abîme en a gémi. La forêt tributaire A retrouvé ses chants et son peuple innocent. Le maître satisfait ne tient plus à la terre : Aux soins du lendemain jamais il ne descend.

Immobile, il séjourne au front de la montagne ; Mais si quelque vautour, effrayant la campagne , Vient distraire ses yeux des aspects de l'étlier,

Soudain le Roi s'arrache à son loisir sublime. Il venge son injure, et, laissant la victime, Siiperbe, s'en retourne aux pieds de Jupiter.

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