SONNET XC
J'évoque tes héros, ô peuple Vendéen.
Gloire à tes jeunes chefs, à leur mâle constance, A tes martyrs qu'arma la sainte conscience. Et qui moururent tous pour le grand suzerain î
Terre, ne couvre point leur sang, et dans ton sein N'étouffe pas mes cris. Et vous, hommes de France, La justice à vos yeux est-elle une vengeance. Que les noms de tels morts soient exclus du burin?
Mais aux âges futurs ils passeront quand même : Ils brillent immortels, malgré votre anathème; En dépit de leur siècle, ils en seront l'honneur !
Et le poëte un jour, s'attachant à leur gloire, S'en ira recueillir, docte et pieux glaneur. Dans les traditions les traits de leur histoire.
SONNET XCl.
Ce fut Cathelineau qui, le premier de tous. Brandit le drapeau blanc à travers le Bocage, Et, des gars Poitevins dirigeant le courage. Pour la croix et les lis frappa de nobles coups.
C'était un homme juste, humble, pieux et doux. Un simple paysan, colporteur de village : Ce fut un capitaine actif, vaillant et sage. Des labeurs d'un tel poste uniquement jaloux.
Vingt chefs, pour la plupart issus de noble race. L'élurent à leur tête, et s'il tint bien la place, Nantes, après Saumur, peut encor l'attester.
In combat de six mois résuma sa carrière :
Rien n'y manque, et la mort, qui vint lacomidéler,
Hetenlit siu' le Iront de la Vendée entière.
SOiNiNET XCIl.
I.arochejacquelein, nom propice à la gloire, Bien secondé du reste, et qui joint à son cri Les deux beaux noms français de Louis et d'Henri, Et d'honneur sans mélange une double mémoire !
Celui-ci le premier a bondi dans Tliistoire.
Tel que l'aiglon soudain à la foudre aguerri.
Un héros l'y porta, qui bien vite a péri.
Non sans avoir atteint sa seizième victoire. j
Vingt ans après son frère a le même trépas : Toutefois, s'éclairant à de plus grands combats. L'aîné garde la palme, et ce jeune intrépide.
Sous son sang qui l'inonde, apparaît gracieux. Comme s'il n'eût saigné que l'immortel liquide Infusé par Homère aux veines de ses Dieux.