‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 78 sur 167 · SONNET CXII. I · texte numérisé non relu

SONNET CXII. I

A M. THÉODORE CHASSF.RIAU.

Nos forêts maintenant ne sont que des chantiers,

Oïl le pic et la hache entassent des ruines.

L'industrie y poursuit du bruit de ses machines ■

L'artiste et l'amoureux jusqu'au fond des sentiers.

Puissé-je voir enlin ces bois de verts lauriers Que la belle .Italie épand sur ses collines, Feuillages immortels dont, en rimes divines, Pétrarque traduisit les oracles altiers !

Mais, si mon front un jour s'abrite sous leur ceintre, Je n'en sentirai pas comme vous, jeune peintre. Tous les enchantements et la félicité :

J'ai passé sans retour cette saison de flamme Où, rien que d'un regard, une pure beauté Dans les espaces bleus fait envoler notre âme.

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